La fourrure animale disparaîtra de tous les numéros du magazine de mode Elle. « À partir du printemps 2022, on s’engage à ne plus publier dans nos pages tout article ou publicité qui en contient », a indiqué en entrevue téléphonique Sophie Banford, éditrice des magazines Elle Québec et Elle Canada.

Mis à jour le 2 déc. 2021
Olivia Lévy
Olivia Lévy La Presse

« C’est évidemment une tendance mondiale, de très nombreuses marques ont déjà pris cet engagement d’exclure la fourrure de leurs créations, et les autres vont suivre », explique-t-elle.

C’est Valéria Bessolo Llopiz, vice-présidente et directrice internationale de la publication Elle, propriété du groupe français Lagardère, qui en a fait l’annonce jeudi matin. « La présence de fourrure dans nos pages et sur nos supports numériques n’est plus en phase avec nos valeurs. Il s’agit de promouvoir une industrie de la mode plus humaine », a-t-elle déclaré lors de la conférence VOICES 2021, présentée par The Business of Fashion, qui se déroule à Chipping Norton, dans le centre de l’Angleterre.

La fourrure sera donc interdite non seulement dans le contenu éditorial, mais aussi dans les espaces publicitaires.

Selon Stéphane Le Duc, chargé de cours à l’École supérieure de mode de l’ESG UQAM, il s’agit d’une annonce très judicieuse. « C’est un choix politique et éditorial très fort, dit-il. On sait aussi que les consommateurs, surtout ceux de la nouvelle génération, ne veulent plus de fourrure, tout comme les marques de luxe qui sont des annonceurs. »

Les magazines Elle vont ainsi obtenir l’adhésion des jeunes lecteurs, ce qui aura un effet positif sur le lectorat. Le Elle se positionne ainsi comme un magazine conscient de l’environnement, intelligent, qui sait se renouveler, des valeurs que revendique la génération Z.

Stéphane Le Duc, de l’ESG UQAM

Cette mesure touchera les 45 éditions du magazine Elle dans le monde ainsi que leurs plateformes. Ces publications enregistrent 33 millions de lecteurs et 100 millions de visiteurs par mois sur 55 plateformes numériques. Elle devient ainsi la première grande publication à exclure la fourrure dans toutes ses éditions mondiales.

Des marques de luxe comme Prada, Gucci, Michael Kors, Balenciaga, Versace et Alexander McQueen ont déjà renoncé à la fourrure animale dans toutes leurs collections, tout comme la marque québécoise Kanuk.

Effet d’entraînement ?

Saluant cette décision, PJ Smith, responsable de la mode de la branche américaine de l’ONG Human Society International, a dit espérer que d’« autres magazines de mode suivent son exemple ».

« Cette annonce déclenchera un changement positif dans l’ensemble de l’industrie de la mode et peut sauver d’innombrables animaux d’une vie de souffrance et d’une mort cruelle », a-t-il affirmé.

« La promotion de la fourrure appartient aux vieux numéros de magazines de mode d’antan », a aussi estimé la directrice de PETA UK, Elisa Allen.

Cette organisation de défense des animaux « félicite les principales publications actuelles – dont British Vogue, InStyle USA, Cosmopolitan UK et le tout nouveau Vogue Scandinavia – pour avoir exclu la fourrure de leur contenu éditorial, et nous n’avons aucun doute qu’elles élargiront cette mesure à la publicité », a-t-elle ajouté.

Avec l’Agence France-Presse