(New York) Comment raconter la mode américaine ? Comme un patchwork d’émotions, répond le Metropolitan museum de New York (Met), qui rend hommage à la diversité et à l’inventivité des créateurs des États-Unis dans un avant-goût de la traditionnelle rétrospective du « Costume Institute ».

Agence France-Presse

En raison de la pandémie de coronavirus, le musée avait dû renoncer au printemps dernier, pour la deuxième année consécutive, à son exposition sur la mode qui va toujours de pair avec le gala du Met, rendez-vous new-yorkais mondain par excellence se tenant sous la houlette de la prêtresse de la mode Anna Wintour.

Organisé justement pour financer le « Costume Institute », le gala du Met est aussi l’occasion pour les grandes marques de la mode d’habiller les stars qui se pressent sur le tapis rouge.  

Avec un « dress code » toujours lié à l’exposition.

Le gala et l’exposition sont en principe lancés le premier lundi de mai, mais pour ne pas attendre le printemps prochain, le calendrier a été bousculé : le gala a lieu lundi soir et l’exposition « En Amérique : un lexique de la mode » s’ouvre le 18 septembre.

Cette dernière se veut un premier chapitre d’une anthologie plus large attendue au printemps 2022.

À travers une centaine de pièces, des années 1940 à nos jours, le commissaire du « Costume Institute », Andrew Bolton, a voulu casser l’image d’une mode américaine essentiellement « sportswear », définie par « son côté pratique, sa fonctionnalité ou l’égalitarisme », explique-t-il.

  • PHOTO TIMOTHY A. CLARY, AFP

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« Et souvent, il n’y a aucun vocabulaire émotionnel », plus volontiers associé à la mode européenne, comme la haute couture en France, ajoute-t-il.

Le résultat est un patchwork, à travers 12 grandes familles d’émotions, de la nostalgie à la conscience, de la confiance à la force, du plaisir à la joie.

À certains vêtements sont accolés des mots plus adéquats : « liberté » pour la fameuse robe portefeuille de Diane von Fürstenberg (née à Bruxelles mais longtemps établie à New York), « exubérance » pour cette robe à carreaux rouge, taille cintrée puis très volumineuse de Christopher John Rogers, « espièglerie » pour cette tunique tout en boutons de Jeremy Scott.

On y trouve aussi les célèbres créateurs Tom Ford, Marc Jacobs et Ralph Lauren, mais aussi des marques récentes ou avant-gardistes comme threeASFOUR, Collina Strada ou Imitation of Christ.

« Il y a cent définitions de ce qu’est la mode américaine », conclut Andrew Bolton, même s’il perçoit aujourd’hui un secteur « sous l’impulsion de jeunes créateurs qui s’engagent sur des questions profondément politiques et éthiques ».