Révélé au mois d’août, l’uniforme que porteront les athlètes canadiens lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Tokyo n’avait fait sourciller personne. Mais cette semaine, à la sortie du look propret « all-American » créé par Ralph Lauren, les réactions ont fusé de toutes parts.

Ève Dumas Ève Dumas
La Presse

Même le quotidien britannique The Guardian a consacré un article à la veste de jeans bariolée de graffitis et d’écussons créée par La Baie d’Hudson et Levi’s. « Cancel the Olympics : fashion outcry as Canada brings back jean jackets for Tokyo » (« Annulez les Jeux olympiques : tollé alors que le Canada ressort la veste de denim pour Tokyo »).

Lisez l’article du Guardian (en anglais)

Trop décontractée, la version olympique du fameux « tuxedo canadien » (la veste sera portée avec un jean blanc) ? Les raisons à l’origine de l’indignation ne sont pas très claires. Cela dit, les réactions sont loin d’être toutes négatives. Sur Twitter, on peut aussi, voire surtout, lire des mots comme « fun », « bold » et « rock », entre autres.

CNN rappelle que le denim intégral a été porté par un grand nombre de personnalités canadiennes, de Bryan Adams à Justin Trudeau.

Lisez l’article de CNN (en anglais)

« Il me semble qu’on a vu tellement pire dans le passé des Jeux olympiques, qu’il y a déjà eu des faux pas vestimentaires tellement grands que ça me semble assez mineur, rappelle Madeleine Goubau, chargée de cours à l’École supérieure de mode de l’ESG–UQAM. De plus, les bureaux de tendance de partout parlent du look do it yourself comme étant au sommet de sa popularité. La veste cadre parfaitement avec la mode actuelle.

PHOTO FINN O’HARA, TIRÉE DU SITE OLYMPIQUE.CA

La veste vue de dos

« Il faut aussi se rappeler ce qu’est le partenariat entre Équipe Canada et La Baie d’Hudson. C’est avant tout une affaire commerciale. On veut vendre la collection olympique aux Canadiens. Ce qui me surprend le plus, à vrai dire, c’est que la veste soit de marque Levi’s, une icône américaine », ajoute la doctorante en communication à l’UQAM qui s’intéresse à l’habillement comme outil de diplomatie publique.

S’agissant de tenues canadiennes qui ont fait jaser dans le passé, les franges et le chapeau de cowboy de Calgary (1988) resteront dans les annales de la mode olympique, tout comme l’ensemble fort coloré des Jeux de Barcelone (1992), avec son sac « banane » et, encore une fois, un chapeau de cowboy.

Voyez la photo des athlètes aux Jeux de Barcelone

La rencontre de deux cultures ?

Au dévoilement de la collection olympique, l’équipe de designers de La Baie d’Hudson expliquait ainsi les influences japonaises qu’elle a voulu y inclure : « Tokyo est également connue pour son street art et sa mode. Nous avons rendu hommage à cela dans la pièce phare de la collection : la veste en jean. Les graffitis et les emplacements non conventionnels des écussons capturent parfaitement le côté branché et dans le vent de la ville hôte. »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

La designer de mode très urbaine Alyona Kochetkov a habité au Japon de 2014 à 2016.

La designer de mode très urbaine Alyona Kochetkov, qui a habité au Japon de 2014 à 2016, rappelle que le denim est aussi très présent là-bas et réputé pour sa grande qualité. « Je trouve approprié d’avoir opté pour cette matière, mais je trouve que la veste est un peu caricaturale. Elle fait des références superficielles, voire erronées aux cultures canadienne et japonaise puis, au bout du compte, ça ne rend justice à personne. J’aurais vu une coupe plus intéressante, peut-être, comme un manteau sport en denim haut de gamme. »

L’ensemble de la collection est en vente sur le site de La Baie d’Hudson. La fameuse veste qui fait jaser coûte 198 $.

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