(Milan) Après la sobriété de Max Mara, la marque phare du prêt-à-porter italien Prada a présenté jeudi une mode surréaliste et glamour, Fendi optant pour une ambiance boudoir, au 2e jour de la Fashion Week milanaise.

Isabelle SCIAMMA
Agence France-Presse

Dans l’espace du Deposito de la Fondation Prada, le décor conçu par le studio d’architecture OMA de Rotterdam place le public au-dessus du podium.  

Dans l’arène de ce musée imaginaire, Miuccia Prada a voulu associer au glamour la force intellectuelle du mouvement de la Sécession viennoise du début du siècle dernier.

« La référence principale de cette collection est cette époque formidable de la Sécession viennoise où les intellectuels, les artistes, les ouvriers et artisans travaillaient ensemble pour créer quelque chose de nouveau », a-t-elle déclaré dans les coulisses du défilé, soulignant que « c’est cette mode exigeante » qu’elle essaye de produire.  

PHOTO LUCA BRUNO, ASSOCIATED PRESS

Miuccia Prada

La collection fait dans la découpe avec des jupes ou des vestes fendues, frangées, comme passées dans la machine à broyer le papier. Pour un résultat sophistiqué et net.  

Des femmes d’affaires en cravate et vestes épaulées, on passe à des looks où la transparence règne, surmontées de broderies et de pierres précieuses.  

ADN casual

L’ADN casual de la marque est aussi présent avec des silhouettes plus sportives vêtues de grandes robes chasubles de basketball ou de vestes inspirées des t-shirts de baseball.  

La fourrure est synthétique depuis que Prada a renoncé à l’utilisation de la fourrure animale et le nylon est recyclé.  

Les motifs floraux appliqués à des ensembles pantalons chemisiers fluides apportent une touche délicate à la collection.  

Auparavant, Max Mara avait montré une collection entièrement inspirée de la marine.

« Très belle, très italienne, très Max Mara », s’est enthousiasmée la puissante influenceuse Chiara Ferragni au micro de l’AFP à l’issue du défilé.

Le manteau, pièce emblématique de la maison italienne, est long, jusqu’au pied, en cachemire, en mouton ou en version doudoune chic d’explorateur de l’Antarctique. Un épais cordon avec nœud coulant marin marque la taille de manteaux robes de chambre enveloppants.  

Les déclinaisons cape, poncho, caban, duffle-coat sont agrémentées d’une capuche en nylon, accessoire technique qui twiste les looks classiques. Le truc de cette saison, le travail sur les manches : bouffantes, à volants, qui féminisent les silhouettes.  

Les tenues du soir font place à la légèreté et la transparence des matières rehaussées de strass et sequins. On passe d’une série noire en début de défilé à une palette grise, beige et bleu marine pour finir sur des looks d’un blanc de neige.

Prada avait tout fait pour avancer son défilé dans le calendrier, à 16 h (10 h HE) au lieu de la fin de journée habituellement, pour permettre à sa clientèle chinoise de se connecter pour le direct sans trop souffrir du décalage horaire.

Rose poudré

Fendi a pour sa part présenté sa nouvelle collection dans un décor de velours rose poudré, celui d’un boudoir très féminin.

PHOTO ANDREAS SOLARO, AGENCE FRANCE-PRESSE

« Pour parler de féminité aujourd’hui je voulais partir des codes qui l’ont définie pendant des décennies. Le rose, considéré comme une couleur de femmes, les tissus voilés, les porte-jarretelles, la dentelle, la lingerie, l’esprit boudoir opposé à l’esprit de la féminité d’aujourd’hui, forte, à travers la flanelle grise, les vestes de femmes qui travaillent, le cuir motard », a expliqué Silvia Venturini Fendi à l’issue du défilé.  

Restée seule aux commandes de la direction créative de la maison romaine après la disparition de Karl Lagerfeld il y a pile un an, elle explore de nouveaux horizons pour la marque. « J’ai voulu avoir une distribution très différenciée qui représentait la femme réelle et pas des femmes imaginaires. Des femmes avec des corps différents. »