(Paris) Louis Vuitton a clos mardi la semaine du prêt-à-porter féminin à Paris avec une collection qui efface les frontières entre masculin et féminin, pour un vestiaire « neutre » destiné aux « fortes personnalités ».

Agence France-Presse

Crise sanitaire oblige, le défilé s’est déroulé en deux vagues sous les toits de la Samaritaine, le grand magasin Art nouveau de LVMH dont l’inauguration prévue initialement en avril, après 15 ans de travaux, été reporté à 2021.

Pantalon fluide, sac à main négligemment glissé sur le dos, des derbys : le premier look résume la démarche de Nicolas Ghesquière, créateur des collections femme de la maison.

Sur le pull qui va avec, il est écrit « Vote », un appel à peine voilé aux démocrates américains de la part du styliste qui avait déjà fait une sortie anti-Trump remarquée il y a un an.

Après la venue du président américain à l’inauguration d’un nouvel atelier de Louis Vuitton au Texas, Nicolas Ghesquière avait refusé « toute association » avec Donald Trump dans une publication sur Instagram, accompagnée des mots-dièses #trumpisajoke (Trump est une farce) et #homophobia.

Retour aux vêtements. « À quoi ressemblerait un vêtement d’entre-deux ? Quelle coupe pourrait dissoudre le féminin et le masculin ? », s’interroge le styliste dans la note d’intention du défilé.

PHOTO LUCAS BARIOULET, AFP

Des sabots surélevés sur des talons pour devenir escarpins ont été l’élément le plus accrocheur de ce défilé.

Épaules larges, trenchs et bombers, tailleurs-pantalons beiges ou à paillettes, shorts et t-shirt : ce vestiaire unisexe, où s’épanouit la coupe ingénieuse de Nicolas Ghesquière, donne aux pièces classiques ou street wear une allure inattendue.

L’élément le plus accrocheur ? Des sabots surélevés sur des talons pour devenir escarpins.

« Colorer le neutre, forger son caractère, l’inviter à la radicalité, lui donner une personnalité. Ce n’est que le début d’une réflexion ouverte, stimulante et fondamentalement volontaire », promet Nicolas Ghesquière.

Le titre Neutral composé par le DJ Tangui Destable a accompagné le défilé, tandis que des extraits du film Les ailes du désir de Wim Wenders étaient projetés sur des murs de la Samaritaine.