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Allcovered, une griffe anti-fast fashion

Noémi Harvey, 22 ans, est derrière Allcovered, marque... (Photo louise Leblanc, fournie par Noémi Harvey)

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Noémi Harvey, 22 ans, est derrière Allcovered, marque de vêtements lancé il y a un an.

Photo louise Leblanc, fournie par Noémi Harvey

Samuel Larochelle

Collaboration spéciale

La Presse

Noémi Harvey a choisi de rompre avec la tradition qui oblige les créateurs de mode à produire deux collections par année. Ouvertement contre la fast fashion, la jeune femme de Québec a lancé Allcovered il y a un an et s'est donné le défi d'offrir de nouvelles créations intemporelles... tous les mois.

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photo la cardinale photographe, fournie par Noémie Harvey

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photo la cardinale photographe, fournie par Noémie Harvey

Élaborer un plan d'affaires en fonction d'une collection automne/hiver et d'une autre printemps/été, avec des vêtements qui seront possiblement désuets après quelques mois, très peu pour elle. La designer préfère dessiner des morceaux au look intemporel que les femmes voudront porter longtemps. « Je n'aime pas me restreindre à deux collections annuelles, dit-elle. Je trouve ça un peu plate. À la place, je propose des nouveautés sur une base régulière. Ça garde ma créativité éveillée et ça entretient l'intérêt de mes clientes. »

Afin de contrer la nature éphémère de certains styles, elle privilégie les teintes et les coupes assez sobres. Mais n'allez pas croire que les vêtements Allcovered sont passe-partout et sans personnalité. Au contraire, Noémi Harvey est reconnue pour l'asymétrie de ses créations. « Je trouve que ça amène une autre dynamique au corps de la femme, tout en courbes, quand on vient le couper avec des lignes. Les gens reconnaissent ma marque grâce à la structure et à la géométrie de mes coupes, qui ont toutes un souci d'élégance. »

Simples, mais originaux, ses vêtements se distinguent aussi par la superposition des textures. 

« J'adore jouer avec la forme et contraster les matières, sans aller trop dans les extrêmes. Je peux apporter une touche légèrement tendance à un tissu plus noble et lui permettre de traverser le temps. »

Âgée de 22 ans, l'entrepreneure parle déjà de sa profession avec assurance. Il faut dire qu'elle a commencé à coudre il y a près d'une décennie. « J'ai toujours été prédestinée à devenir designer de mode. Chaque Noël, je demandais la machine à coudre du catalogue Sears, sans jamais l'avoir. Mais quand j'ai eu 13 ans, quand j'ai décidé de ne pas la demander, ma grand-mère me l'a offerte. J'ai commencé à explorer à ce moment-là et je ne me suis jamais arrêtée ! »

Peu après sa formation en design de mode au Campus Notre-Dame-de-Foy de Saint-Augustin, elle a senti le besoin d'approfondir certaines notions entrepreneuriales en allant chercher un certificat en gestion de PME. « Je pense que plusieurs designers rencontrent des difficultés parce qu'ils se sentent davantage comme des artistes que des entrepreneurs. Moi, je me sens de plus en plus comme une femme d'affaires. »

UNE ENTREPRISE, ET UNE CAUSE

Membre de l'Académie entrepreneuriale de l'Université Laval, qui offre à un groupe de jeunes gens d'affaires du mentorat, des formations et des conférences, elle s'est sentie suffisamment outillée pour lancer sa propre entreprise à 21 ans, en octobre 2015. « Je sais que la mode est un milieu difficile, mais ça ne me fait pas vraiment peur. Je suis persuadée que ça va fonctionner. Et même si ça prend du temps, je ne suis pas dans l'urgence du succès. Je suis jeune et j'aime le risque ! »

Déterminée, la jeune femme a organisé en février dernier l'événement Stand4, qui avait pour objectif de promouvoir de nouvelles griffes émergentes de Québec, incluant la sienne. La soirée mettait également en lumière une problématique sociale importante : les troubles alimentaires. 

« Puisque ce sont des problèmes souvent causés par les standards de mon industrie, je trouvais ça intéressant de dénoncer la mode par la mode. »

« On voulait ouvrir la discussion et expliquer, entre autres, que ce n'est pas parce que tu es mince que tu es anorexique et que certaines personnes avec un surplus de poids peuvent elles aussi souffrir d'un trouble comme la boulimie ou l'anorexie. »

Lorsqu'est venu le temps de trouver les mannequins, les organisateurs ont privilégié une variété de silhouettes. « On voulait des hommes et des femmes, puisque les troubles touchent les deux sexes. Et on a essayé le plus possible d'avoir des corps différents. Mais c'était difficile de trouver des mannequins qui acceptaient de participer à notre événement de façon bénévole à Québec. »

Depuis l'événement, qui a réuni plus de 300 personnes, Allcovered ne cesse de grandir et sa créatrice continue de rêver grand. « Mon but ultime est de vendre mes vêtements dans des chaînes de magasins à travers le monde. Au printemps prochain, je vais entamer mes démarches d'expansion. »




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