Selon une étude de Statistique Canada, la pandémie et le télétravail n’ont pas amélioré le partage des tâches domestiques des ménages canadiens. Ce sont encore surtout les femmes qui voient à tenir maison.

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

Si les hommes ont davantage fait de repas et la lessive en 2020 par rapport à 2017, le télétravail n’a pas eu d’incidence sur la répartition des responsabilités dans le couple. La pandémie a même ajouté des tâches parentales scolaires, surtout aux mères.

« Bien qu’elles doivent plus que jamais concilier travail et vie familiale, les femmes continuent d’accomplir la plupart des tâches domestiques », fait valoir l’étude de Statistique Canada.

Lisez l’étude de Statistique Canada

Les résultats de l’étude proviennent d’enquêtes en ligne menées auprès de 4209 répondants (âgés de 20 ans et plus) du 15 au 21 juin 2020. Il s’agissait de la troisième vague de la Série d’enquêtes sur les perspectives canadiennes.

Même si les femmes continuent d’accomplir la plupart des tâches domestiques, elles s’en plaignent peu. Près de sept répondants sur dix (68 %) ont déclaré être satisfaits de la façon dont les corvées étaient réparties dans leur couple au début de la pandémie. Les femmes étaient insatisfaites à 16 %, contre 9 % pour les hommes. Le degré de satisfaction variait toutefois selon le sexe et l’âge des répondants. Les femmes de moins de 55 ans sont moins nombreuses à se dire satisfaites de la répartition (57 %), contrairement à celles de 55 ans et plus (72 %).

Dans la très grande majorité des couples (86 %), la pandémie n’a pas changé leur degré de satisfaction par rapport au partage des tâches. Moins d’un répondant sur dix (8 %) a déclaré être plus satisfait qu’avant.

Statistique Canada divise les tâches en six catégories : vaisselle, lessive, entretien ménager, épicerie, finances du ménage et préparation des repas.

La seule catégorie où les hommes semblent en faire plus que les femmes concerne les finances du ménage.

Même si, par rapport à 2017, les répondantes du sondage étaient moins chargées de la lessive et de la préparation des repas pendant la pandémie, aucun changement significatif n’a été observé pour les autres impératifs domestiques.

Or, la fermeture des écoles et des garderies a créé d’autres obligations. L’étude stipule que « 64 % des femmes étaient surtout responsables de l’enseignement à domicile et de l’aide aux devoirs, une tâche supplémentaire pour les parents pendant la pandémie, par rapport à 19 % des hommes ».