Chiens, chats et autres animaux de tous poils (et plumes) peuvent désormais s’installer au bout du fil ou du clavier pour obtenir une consultation avec un vétérinaire, afin d’obtenir conseils ou traitements pour les cas non urgents. Mais attention, la rencontre avec un professionnel en chair et en os pourrait tout de même s’avérer nécessaire.

Sarrazin, Sylvain Sarrazin, Sylvain
La Presse

Les cliniques vétérinaires, considérées comme un service essentiel, continuent de fonctionner pendant le confinement, mais accueillent seulement les urgences médicales et les cas sérieux. Le protocole de consultation est d’ailleurs fortement perturbé, les clients devant appeler leur clinique au préalable et limiter leurs contacts avec le personnel soignant.

Pour pallier la situation, de nombreux établissements ont mis en place un système de consultation à distance pour aider les propriétaires d’animaux à obtenir un suivi relatif aux dossiers mineurs ou répondre à leurs questionnements.

C’est le cas des 39 cliniques du Groupe vétérinaire Daubigny, regroupant les enseignes Globalvet et Anima-Plus, qui a déployé un tel service la semaine dernière, par l’entremise d’une plateforme sécurisée. Le réseau d’établissements, qui avait mené un projet pilote cet automne, a décidé de le généraliser en raison de la pandémie, et a profité des assouplissements permis par l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ) pour cette pratique.

« Ça ne remplace pas l’examen physique en personne, c’est un service qui est complémentaire », insiste la Dre Amélie Leclerc, vétérinaire copropriétaire du Groupe Daubigny.

On peut parler de renouvellement de médicaments ou de suivi d’une condition déjà connue, mais il n’est pas exclu que l’on demande aux gens de se rendre en clinique au final. Par exemple, si leur animal présente une bosse, nous devrons l’examiner en personne.

La Dre Amélie Leclerc

On pourrait ainsi avoir recours à une téléconsultation pour renouveler un traitement antiparasitaire ou assurer certains suivis, de nature postopératoire ou relatifs à des conditions chroniques connues. Le service pourrait aussi être employé pour rassurer les clients qui s’inquiètent de problèmes de comportement de leur compagnon – des troubles d’appétit, par exemple.

Appels, courriels et vidéos

De nombreuses cliniques ont franchi le pas de la consultation par télémédecine, avec des moyens divers : visioconférence, envoi de photographies, appels téléphoniques. 

Certaines avaient mis en place ce service assez tôt, comme la Clinique Vétérinaire Rue Ontario, à Montréal, qui avait annoncé ce service dès le 21 mars. « Cela signifie que vous aurez accès à des consultations vétérinaires d’une durée de 30 minutes réalisées par conversation vidéo, et ce, tout en restant à la maison ! Ces rendez-vous permettront d’avoir une discussion éclairée avec un vétérinaire qui vous donnera son avis sur un problème rencontré avec votre animal, fera le suivi d’une condition préexistante ou élaborera un plan diagnostique/de traitement », précise l’établissement sur sa page Facebook.

Aussi, toujours dans le but de limiter les contacts entre les clients et le personnel médical, un service de livraison des médicaments est généralement proposé. 

« Les médicaments pourront être prescrits et livrés au besoin, ou ramassés en clinique », précise le cabinet vétérinaire Johannaise, à Saint-Jean-sur-Richelieu, qui propose également des consultations par télémédecine et de faire préparer les commandes par téléphone.

Dans le cas des cliniques du Groupe Daubigny, trois options sont proposées. « On peut fonctionner par téléphone, par courriel ou par vidéo. Des plages de rendez-vous sont disponibles et les gens peuvent sélectionner leur vétérinaire. C’est extrêmement simple, même pour les gens qui ne sont pas à l’aise avec la technologie numérique », assure la Dre Leclerc.

Il faudra contacter votre établissement habituel afin de savoir s’il a mis en place un tel service et si le cas de votre animal est admissible à ce mode de fonctionnement.

Les tarifs des consultations varient d’une clinique à l’autre, certaines affichant le même prix qu’une consultation en personne et d’autres, des prix légèrement plus bas.

Alors que sont actuellement posés les jalons pour une pérennisation post-crise de la télémédecine destinée aux humains, en va-t-il de même pour les cabinets vétérinaires ? C’est en tout cas le souhait de la Dre Amélie Leclerc. « C’est le plan, on regardait déjà ceci depuis un certain temps. On est à l’ère numérique et je pense que ça va continuer, qu’il y a une place pour ça dans le futur, au-delà de la situation actuelle », prévoit-elle.

«Oui, la télémédecine vétérinaire existait avant la COVID-19 et continuera après la crise actuelle. Il est vrai que cette crise aura toutefois démocratisé ce type de pratique, surtout en médecine vétérinaire auprès des animaux de compagnie. Il s’agissait d’une avenue moins courante dans ce domaine, mais l’élan actuel vers la télémédecine nous touche, comme c’est le cas pour un grand nombre de professions en ce moment», confirme Patricia Noël, directrice des communications à l'OMVQ.

Que dit l’OMVQ ?

En temps normal, la télémédecine est strictement balisée par l’OMVQ, posant notamment que les consultations et ordonnances données dans ce cadre se limitent aux cas où la relation entre le vétérinaire, le client et le patient est préexistante. « Toutefois, l’Ordre est conscient que, considérant les circonstances exceptionnelles auxquelles nous faisons face, il pourrait être acceptable qu’un médecin vétérinaire, selon son jugement professionnel, fasse une exception à cette règle », indique l’organisation dans un document distribué à ses membres.

À l'heure d'écrire ces lignes, l'Ordre n'avait pas encore indiqué si ces mesures d'assouplissements seront maintenues ou non après la crise.

Aux grands maux, les grands moyens (de télécommunication), donc.