Les initiatives vertes pour améliorer l’environnement se multiplient à petite et grande échelle, partout dans la province. Deux fois par mois, nos journalistes vous présentent des idées pour vous inspirer.

Publié le 2 mai
Valérie Simard
Valérie Simard La Presse

Claudine Hébert mange moins de viande, achète la plupart du temps de seconde main, privilégie les produits en vrac et l’utilisation de son vélo. Elle applique à tous ses achats « un filtre environnemental » et demande aux gouvernements d’en faire autant. Mère de deux adolescents, cette résidante de Terrebonne célébrera la fête des Mères devant l’Assemblée nationale cette année, pour réclamer une meilleure protection de l’environnement et de l’humanité. Organisée par Mères au front et Ma place au travail, la marche Du pain et des forêts vise notamment à réclamer l’adoption d’une loi-cadre qui obligerait le gouvernement du Québec à passer toutes ses décisions au crible de leurs impacts sur l’environnement et l’équité sociale.

« J’ai l’impression que je le fais le plus possible dans ma vie et c’est ce que j’aimerais du gouvernement, que ses décisions passent par le filtre environnemental, pas que par le filtre économique », revendique-t-elle. Même si elle croit beaucoup en l’impact des gestes individuels – pourquoi sinon aller jusqu’à fabriquer ses produits ménagers et utiliser du papier de toilette réutilisable ? –, elle pense aussi que ce n’est pas suffisant.

Il faut que le gouvernement légifère, qu’il arrête de faire des projets comme le troisième lien à Québec, sinon elles ont beaucoup moins d’impact, mes actions.

Claudine Hébert

Claudine Hébert a changé ses habitudes et celles de sa famille petit à petit. « Pour manger un éléphant, il faut le manger un petit bout à la fois » : se fixer des objectifs réalistes et discuter en famille des moyens de les atteindre. Ainsi, pour contrer le gaspillage alimentaire à l’épicerie, elle privilégie l’achat d’aliments qui sont près de la date de péremption et s’assure de les consommer ou de les congeler à temps. Tout achat dans la famille est aussi mûrement réfléchi. « Quand on a besoin de quelque chose, le premier réflexe est de se demander : est-ce qu’on en a vraiment besoin ? Deux, y a-t-il quelqu’un qui peut nous le prêter ? Et trois, est-ce qu’on peut le trouver usagé ? »

Une démarche qui passe étonnamment bien auprès de ses deux ados de 13 et 17 ans. « C’est sûr que les adolescents, des fois, veulent se dissocier des valeurs de leurs parents. Mais je les trouve bons. Ce n’est pas tous les ados qui acceptent d’avoir des vêtements usagés. »

Claudine Hébert se défend bien de prôner la perfection et elle ne l’exige ni d’elle-même ni de ses fils. « Il faut être capable de faire des compromis si on veut être capables de les garder impliqués et motivés. » Elle-même possède une voiture, hybride, qu’elle tente d’utiliser le moins possible. « Avec les distances, à un moment donné, je ne peux pas tout faire à vélo. Je pourrais prendre l’autobus, mais ce n’est pas toujours possible parce que le réseau n’est pas partout bien développé. Alors, non, je ne suis pas parfaite, puis ce n’est pas le but non plus. C’est juste de faire le maximum qu’on peut. »

Pour ses enfants et ceux des autres.

Peu importe ce qui va arriver, je ne pourrai jamais me dire que je n’ai pas fait tout ce que j’ai pu pour assurer un avenir à mes enfants, et à tous les enfants. […] On met des enfants au monde, ce n’est pas pour qu’ils soient dans le trouble.

Claudine Hébert

C’est là qu’elle puise l’énergie de continuer. Et aussi à l’intérieur de groupes comme Mères au front, qu’elle a rejoint il y a environ un an.

« Je la sens, cette urgence, puis je trouve ça désespérant de voir que ça ne bouge pas plus que ça. Mais, d’être impliquée dans des organismes, ça donne de l’espoir parce qu’on se sent moins seule. »

Et elle aime trop la nature (et ses enfants !) pour baisser les bras.

Consultez le site de la marche Du pain et des forêts

Appel à tous

Vous avez changé votre comportement pour minimiser votre empreinte écologique ? Vous avez fait des gestes ou mis sur pied des projets inspirants pour l’environnement ? Ou vous connaissez des gens qui l’ont fait ?