Le Défi Trombone Jaune veut sensibiliser les Québécois aux difficultés et besoins des jeunes suivis par le Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ). « C’est une initiative qui nous tient à cœur », dit Jonathan Lucas, cofondateur du défi avec son frère Frédéric. Explications.

John Ngala
John Ngala La Presse

À partir du site du Défi Trombone Jaune, les participants formeront une chaîne d’échange, en partant d’un trombone. Pour participer, on doit offrir un objet valant plus que le dernier objet échangé, et ainsi de suite. L’objet final sera vendu aux enchères, dont le montant sera remis à la Fondation du Centre jeunesse de Montréal, qui vient en aide aux jeunes en situation de vulnérabilité. Une firme comptable veille sur le déroulement du Défi.

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Frédéric Lucas

« Le but est d’échanger des objets de plus en plus grande valeur », explique Frédéric Lucas, cofondateur du Défi, qui a lui-même adopté deux enfants du Centre jeunesse de Montréal. L’initiative débute à la fête des Pères, ce dimanche, et prend fin à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, le 12 août.

Il s’agit d’une première mission philanthropique pour les frères Jonathan et Frédéric Lucas, qui travaillent tous les deux au sein de Prima Ressource et qui sont pères de famille. Ils ont voulu agir après avoir constaté les défis auxquels font face les jeunes de la DPJ.

Chaque année, au Québec, on compte plus de signalements à la DPJ que de naissances. En 2019-2020, sur les 43 549 signalements retenus, environ 25 % de ces jeunes entament bientôt leur vie d’adulte.

« On ne pouvait pas rester passifs face à ça », explique Jonathan.

L’idée a donc mûri au mois de décembre lorsque sa conjointe, qui travaille dans le système de santé, lui a fait part « des besoins criants et qui étaient amplifiés par la pandémie », avance Jonathan. Directement interpellé par cette histoire, Frédéric s’est joint à la cause, et le Défi est né.

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Jonathan Lucas

« On est des entrepreneurs, on est toujours en mode solutions », ajoute Jonathan, ravi d’offrir une activité à la fois positive et qui touche l’imaginaire.

Selon Frédéric Lucas, « les besoins sont là, ils étaient là avant la pandémie, et vont continuer d’être présents par la suite ». Il espère que le Défi aura un effet positif dans la vie des jeunes.

Quant à leurs valeurs, Jonathan mentionne la transparence et l’authenticité. « Il y a une page pour faire des dons. Chaque dollar va directement à la Fondation. Toutes les activités qu’on fait, nous les finançons […], pour nous, c’est très important de mettre ça de l’avant. »

La parentalité, une source de bonheur

Jonathan et Frédéric Lucas ont deux enfants chacun. Les sujets de conversation qu’ils entretiennent en tant que parents diffèrent parfois, mais leur source de bonheur – la paternité – reste la même.

« Ça m’a fait découvrir la définition de l’amour inconditionnel. Tu peux aimer quelqu’un, sans condition, puis pour moi, c’est très fort. Ça m’a probablement transformé comme personne de réaliser ça, de vouloir tout donner pour mes enfants », souligne Jonathan.

Pour Frédéric, l’adoption a été une des plus belles décisions de sa vie. « Je dirais que je suis chanceux d’avoir des enfants… ça m’a permis de m’amuser et de redécouvrir l’enfant qu’on est.

« Tu réalises l’importance de la présence, d’être là pour eux autres. »

Consultez le site du Défi Trombone Jaune