L’année a été rude pour les jeunes du secondaire, privés de sports d’équipe, de vie sociale et d’un rite de passage loin d’être anodin : le bal de fin d’études. Avec l’annonce de l’annulation de l’évènement attendu depuis cinq ans, comment marquer le coup ? Des écoles secondaires du Québec se creusent les méninges pour offrir aux futurs diplômés l’occasion de se dire au revoir et de célébrer ce nouveau chapitre.

Mayssa Ferah
Mayssa Ferah La Presse

Difficile d’organiser un évènement quand de nouvelles consignes rentrent en simultané et au compte-gouttes, admet Éric Deguire, directeur du Collège St-Jean-Vianney, établissement privé à Rivière-des-Prairies. « Cet aspect changeant complique les choses. On sent la déception des élèves… mais aussi des parents ! »

Qu’à cela ne tienne. Le 21 juin sera jour de fête… dans le respect des consignes sanitaires. Six activités choisies par les finissants se tiendront à l’extérieur. Les jeunes pourront y participer en rotation, séparés par bulles-classes, vêtus de leurs plus beaux atours.

Au menu : espace photo, tapis rouge, salle de karaoké, cocktail, hors-d’œuvre, bar à bonbons, un défi TikTok spécial et un spectacle d’humour.

Ce n’est pas tout. La direction réserve des surprises aux élèves pour les récompenser après une année éprouvante, annonce M. Deguire, énigmatique.

PHOTO FOURNIE PAR LE COLLÈGE ST-JEAN-VIANNEY

Éric Deguire, directeur général du Collège St-Jean-Vianney

On a choisi de jumeler le bal à la collation des grades. La journée va se conclure par un lancer du mortier.

Éric Deguire, directeur général du Collège St-Jean-Vianney

Le tout sera capté en direct pour que les parents assistent à la remise des diplômes. On donne aussi la possibilité aux bulles-classes de communiquer virtuellement par Zoom.

Après cinq ans sur les bancs d’école à tisser des liens et à créer des souvenirs, on pourra fêter et lâcher son fou. « Je suis quelqu’un d’assez joyeux et positif dans la vie, mais ce yoyo est difficile à gérer. C’est hyper important, le bal. Tu as besoin de souvenirs impérissables pour clore ce chapitre de ta vie et passer à une autre étape. Nos finissants de l’année passée nous en parlent. Ils veulent leur bal quand ce sera possible », explique le directeur.

Une dernière danse

Annabelle Rémillard fait partie du comité d’élèves chargé d’organiser le bal. Comment rendre ce moment spécial malgré les contraintes ? se demande la finissante de l’école secondaire Le Tremplin, à Malartic, en Abitibi. « On ne s’attendait pas à avoir le bal de nos rêves, mais quand même… », explique-t-elle à La Presse, la mine basse.

Le contexte de sa cohorte est particulier : ils ne sont que 38 diplômés cette année.

PHOTO FOURNIE PAR ANNABELLE RÉMILLARD

Annabelle Rémillard

On est un petit groupe, ça rend la distanciation plus facile. On pensait vraiment pouvoir fêter.

Annabelle Rémillard

Pour elle, un bal rime avec glamour et danse. Pas question de laisser sa robe rose ornée de bijoux étincelants dans le placard. Son comité a donc proposé quelque chose. Les finissants se réuniront fin juin – à deux mètres de distance – sur la piste d’athlétisme de l’école.

Chacun d’entre eux aura droit à un parent accompagnateur, avec qui ils pourront danser. « Avant l’interdiction [des bals], on avait droit à trois accompagnateurs. Maintenant, c’est seulement un. On s’est dit que ça pourrait être un parent, car c’est la même bulle. Nos parents pourront ensuite nous voir recevoir le diplôme. On va quand même vivre un beau moment. On aurait une danse père-fille et mère-fils. »

Appels à des assouplissements

Jeudi matin, le premier ministre François Legault a annoncé avoir demandé au directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda, d’évaluer si des activités différentes pouvaient être offertes aux jeunes et à leurs familles. Il demande à la Santé publique de trouver un « compromis ». Plus tôt cette semaine, le DArruda avait dit vouloir « réévaluer la situation ». Selon lui, la couverture vaccinale chez les jeunes d’âge secondaire demeure trop faible pour qu’ils se rassemblent sans risquer d’éclosions. La décision continue toutefois de susciter la grogne. Près de 20 000 personnes ont signé une pétition en ligne qui appelle les autorités à revoir leur décision d’annuler les bals. Avec des festivals qui se tiennent à l’extérieur et les terrasses des restaurants ouvertes, les autorités auraient pu faire preuve de plus de flexibilité envers les jeunes, qui se sentent une fois de plus laissés de côté, estime Delphine Beauchemin, 17 ans, finissante au Collège Notre-Dame, à Montréal, et instigatrice de la pétition.

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