« Je rêve d’un monde où la fortune serait remplacée par la fraternité. » « Qu’on trouve une façon de neutraliser le plastique. » « De belles dents droites, même pour les tout-croches. »

Catherine Handfield Catherine Handfield
La Presse

Ces rêves sont ceux de Rosalie, 16 ans, de Granby ; de Tania, 13 ans, de Mont-Albert ; et de Florence, 12 ans, de Mirabel. Ils font partie des quelque 500 rêves récoltés dans le cadre de la démarche Rêver pour créer, lancée l’an dernier par l’Institut du Nouveau Monde et la Fondation Lucie et André Chagnon, et portée par le poète et romancier David Goudreault. L’idée ? Rêver à la société québécoise en 2040.

Cinq cents rêves, c’est loin de l’objectif de 5000 rêves qui avait été fixé en février 2020… avant l’arrivée de la pandémie de COVID-19. C’est donc avec le dixième de l’objectif atteint que « le rapport de rêves » vient d’être déposé aux Archives nationales.

« La démarche a été touchée grandement par la pandémie », convient David Goudreault, porte-parole de Rêver pour créer. Les ambassadeurs du projet, dit-il, ont été privés du contact direct avec les jeunes. « Moi, ce sont des dizaines et des dizaines de conférences dans les écoles qui ont été annulées », résume-t-il.

La récolte de rêves demeure quand même « significative », estime David Goudreault, qui espère maintenant en voir certains se réaliser. « Pour moi, c’est l’essentiel du projet : ça ne peut pas être juste une volée de vœux pieux », dit-il. Six grands thèmes ressortent parmi les rêves récoltés : d’abord l’environnement, suivi de l’amélioration de la société, de l’inclusion, de l’éducation, de la solidarité et de l’importance des relations humaines.

Les jeunes, dont je suis, on a envie de s’exprimer, on a de l’énergie et des idées. Quand on nous donne cette occasion, on est surpris de voir les idées, les paroles qui peuvent ressortir. Espérons que les décideurs pourront s’en inspirer.

Iliass Boushane, 17 ans, membre du comité jeunesse

David Goudreault convient que nombre de ces rêves « embrassent large » (une planète verte, l’égalité pour tous, etc.) – des rêves qui, selon lui, ont l’avantage de refléter aux décideurs les thèmes qui mobilisent les jeunes. « Mais il y a aussi des rêves très concrets, poursuit-il, en donnant l’exemple de cette jeune fille qui prône une plus grande accessibilité aux soins dentaires. Un député pourrait décider de prendre le ballon et d’aller défendre ce dossier-là. » Lors du dépôt du rapport, David Goudreault a parlé des rêves recueillis avec Samuel Poulin, adjoint parlementaire du premier ministre, volet jeunesse.

Comme le projet n’a pas rejoint autant de jeunes qu’espéré, David Goudreault serait prêt à lui donner un second souffle. Une autre année serait nécessaire, croit-il. « J’ai l’impression qu’on a mis la table pour un grand projet et qu’on a été expulsés du restaurant avant de pouvoir s’installer à ladite table », résume-t-il.

Du côté de l’Institut du Nouveau Monde, on indique que la collecte se poursuit sur les réseaux sociaux et que les rêves sont toujours recueillis sur le site Rêver pour créer. Les nouveaux rêves seront ultérieurement indexés aux Archives nationales, assure-t-on.

Consultez le site Rêver pour créer