Particulièrement éprouvés par la crise, les CHSLD ont besoin d’aide, de bras, mais aussi… de réconfort. Un fleuriste de Montréal a entrepris d’y envoyer chaque semaine, gratuitement, des bouquets pour illuminer le quotidien des résidants et des travailleurs.

Violaine Ballivy Violaine Ballivy
La Presse

« On avait ce projet depuis longtemps, avec mon associé, mais il est devenu encore plus important, urgent, avec la crise », raconte Myriam Binette, du fleuriste Binette et filles, niché au cœur du marché Jean-Talon. Depuis un mois, les clients peuvent acheter des fleurs pour les CHSLD par tranches de 5 $, montant égalé par les propriétaires de la boutique. « On est rendus à 4000 $ de fleurs achetées par les clients », précise Myriam Binette, non sans fierté, une somme doublée par les fleuristes, pour un total de 8000 $ de fleurs distribuées ou en voie de l’être.

Ce faisant, quelque 300 bouquets ont déjà été distribués dans des CHSLD en zone rouge. 

C’est une façon de mettre un peu de baume sur la situation qui se passe là-bas.

Myriam Binette, du fleuriste Binette et filles

Mesures de sécurité obligent, les fleurs ne sont pas nécessairement livrées dans les chambres des patients, mais elles ornent les aires communes ou sont distribuées au personnel soignant – « eux aussi, il faut les gâter et en prendre soin ». À certains endroits, l’armée canadienne se charge de la distribution, les livreurs de Binette et filles n’étant pas autorisés à pénétrer à l’intérieur des CHSLD.

Mis en branle en pleine pandémie, le projet est destiné à perdurer après la crise. « La solitude des gens dans les CHSLD ne date pas d’hier », souligne Mme Binette. 

Tous les résidants n’ont évidemment pas la possibilité de sortir de leur hébergement ni de la famille pouvant leur rendre visite et leur apporter des fleurs, petites bouffées de réconfort et de beauté.

Gâter maman

Sachez que, même si la réouverture des commerces non essentiels a été reportée au 18 mai à Montréal et ses environs, il est possible de commander des fleurs pour la fête des Mères – et toute autre occasion, puisque plusieurs affichent déjà un carnet de commandes complet pour ce dimanche – à condition de payer à distance et qu’elles soient livrées.

Plusieurs fleuristes remarquent d’ailleurs une hausse marquée des ventes depuis le début du confinement. « C’est comme la fête des Mères toutes les semaines, résume Manu Perez, du Jardin de Mathilde, à Montréal. Les gens passent plus de temps à la maison, ils s’ennuient, alors ils se disent “autant décorer mon intérieur” puisqu’on y est coincés. »

Les plantes vertes sont particulièrement populaires, mais pas uniquement. « Il faut dire que l’approvisionnement, dans les premiers temps, n’était pas facile. On a passé quatre semaines sans recevoir de fleurs d’Europe », explique Manu Perez. L’approvisionnement local ou canadien a pris le relais dernièrement, notamment avec des livraisons de renoncules et d’anémones de l’Ontario. 

Les fleuristes à l’extérieur de la grande région de Montréal ont pu rouvrir leurs portes le 4 mai.

Livraisons de tulipes à l’auto

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Il n'y aura pas d’autocueillette cette année dans les deux champs de tulipes de Boucherville et Laval.

Il n’y aura pas d’autocueillette cette année dans les deux champs de tulipes de Boucherville et Laval, rares – sinon seuls – endroits à proposer l’activité au Québec. Mais le public pourra malgré tout se procurer des bouquets de 30 tulipes assorties, en achetant des billets à 20 $ sur le site tulipes.ca. Du 15 mai au 5 juin environ – les dates sont appelées à changer selon la météo –, les clients pourront se présenter munis de leur billet – électronique ou papier – pour récupérer les fleurs, qui seront déposées directement dans le coffre de leur voiture pour éviter tout contact direct entre le personnel et les visiteurs. Un million de tulipes fleuriront dans les prochaines semaines dans les champs de Boucherville et Laval.