Pour éviter de devoir sortir si on est en quarantaine – ou « au sommet de l’éclosion » de la COVID-19 –, le gouvernement du Canada recommande de faire des réserves progressives de denrées. « Privilégiez les aliments faciles à préparer, par exemple : soupes en conserve, pâtes sèches et sauce, légumes et légumineuses en conserve », écrit le gouvernement dans son site internet consacré à la préparation au coronavirus. Est-ce une bonne idée de stocker des conserves ?

Marie Allard Marie Allard
La Presse

Attention au sel

« C’est bon pour certaines conserves (légumineuses, poissons, tomates et coulis à teneur réduite en sodium), indique Cynthia Marcotte, nutritionniste et blogueuse. Mais les soupes et autres repas préparés sont habituellement très riches en sodium. » Une tasse de soupe aux tomates Campbell’s contient par exemple 750 mg de sodium, soit 31 % du maximum à consommer quotidiennement par un adulte. À l’occasion, ça va ; pendant 14 jours, ça craint.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Les gens en quarantaine doivent privilégier les aliments riches en protéines, conseille Cynthia Marcotte, nutritionniste et blogueuse.

« Comme on sait que les gens qui seront les plus atteints par la pandémie sont les personnes âgées, et qu’elles ont plus de chance d’avoir des troubles cardiovasculaires, il vaut mieux ne pas abuser des conserves et se tourner vers d’autres options », estime Cynthia Marcotte. Pour faire des potages, on peut acheter du lait en poudre, à mélanger éventuellement avec des carottes, des oignons et des haricots blancs, suggère la nutritionniste.

Mangez frais

« Stockez des conserves, mais tant qu’il y a des produits frais disponibles, ce sont eux qu’il faut consommer en premier, conseille Ryan Worms, directeur des communications d’Équiterre. J’ai travaillé 15 ans en humanitaire. On n’est pas dans une situation d’ouragan, de tremblement de terre ou de guerre. Heureusement, on a encore des produits frais, dont des légumes produits ici. Quand on essaie de consommer des produits locaux, on participe au soutien de l’économie locale. Ce n’est pas une mauvaise chose en temps de crise. »

Choux, courges, carottes, navets et pommes de terre d’ici peuvent se conserver longtemps. « Je pense qu’il est plus facile en ce moment de se procurer des pommes de terre du Québec que du papier de toilette, s’amuse Ryan Worms. Ce n’est pas le même usage, mais avoir quelques sacs de pommes de terre peut être aussi indiqué. »

Variez les aliments

« L’important, c’est de choisir des aliments qu’on aime et qu’on a l’habitude de cuisiner, tout en se procurant une variété d’options afin d’aller chercher tous les nutriments nécessaires au bon fonctionnement de notre corps », souligne Cynthia Marcotte. Profiter de la période d’isolement pour cuisiner et congeler potages, plats et muffins est une bonne idée si on est en santé. Ces réserves seront bienvenues en cas de maladie – au moins autant que la soupe Campbell’s.

Suggestions d’aliments à garder en réserve

Protéines 
Poissons en conserve
Noix, graines et beurres de noix
Tofu, tempeh
Œufs
Légumineuses (en conserve et sèches)
Boissons végétales
Edamames surgelés
Lait en poudre

Céréales
Avoine
Farine
Riz
Pâtes
Quinoa
Céréales contenant une bonne quantité de fibres et peu de sucre ajouté
Pain et tortillas de blé entier (au congélateur)

Fruits et légumes
Fruits et légumes surgelés et variés
Conserves (tomates, pâte de tomates, coulis de tomates, maïs)
Marinades (cornichons, betteraves, légumes mélangés)
Pommes
Agrumes
Courges, pommes de terre, patates douces, oignons, carottes, ail (à conserver dans un endroit sombre et frais)
Compote de fruit sans sucre ajouté
Fruits secs (raisins, dattes, figues)

Autres
Huile de canola
Bouillon réduit en sodium
Bicarbonate de soude, cassonade, sucre, cacao, miel, sirop d’érable et huile de coco si on cuisine des desserts
Et les autres aliments que vous utilisez régulièrement…

Sources : Cynthia Marcotte et Extenso – Centre de référence en nutrition de l’Université de Montréal