Pour s’évader le temps d’une soirée, dans le confort de son foyer, pourquoi ne pas découvrir un pays en mangeant un de ses plats typiques devant un film qui nous y fait sentir ? Aujourd’hui, la suggestion d’accord « mets-film » du chef Eduardo Acosta Blanco.

Catherine Handfield Catherine Handfield
La Presse

Originaire du Mexique, Eduardo Acosta Blanco est chef-propriétaire du restaurant Caifan, rue Beaubien à Montréal. L’idée de ces soirées thématiques pour découvrir un pays lui a tout de suite plu. « La cuisine reflète beaucoup de choses sur le plan anthropologique, croit-il. Il y a une relation directe entre ce qu’on mange et les produits qui sont proches. »

Pour le mets, Eduardo Acosta Blanco propose de cuisiner une soupe azteca, un plat traditionnel de la capitale Mexico à base de tomate, de piment et de tortilla de maïs, trois ingrédients de base de la cuisine mexicaine.

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Le mot « tomate », souligne-t-il, provient du nahuatl, une langue uto-aztèque. Bien avant d’être adoptée par la cuisine méditerranéenne, la tomate était consommée et cultivée par les peuples du Mexique actuel.

Ce qu’on appelle aujourd’hui la cuisine mexicaine, c’est vraiment une union de plein d’ingrédients locaux et de techniques incroyables amenées par la conquête.

Eduardo Acosta Blanco

Et que regarde-t-on en dégustant une soupe azteca ? Eduardo Acosta Blanco conseille Chicuarotes, un film réalisé par Gael García Bernal (qui s’est fait connaître comme acteur il y a 20 ans dans Amores perros et Y tu mamá también). Sorti l’an dernier, le film raconte la quête de deux adolescents d’une banlieue pauvre de Mexico qui feraient tout pour s’en sortir. D’abord en faisant un numéro de clown dans les transports en commun, puis en commettant des délits qui les mèneront dans le désordre le plus total.

Selon Eduardo Acosta Blanco, Chicuarotes montre avec justesse le chaos dans lequel les gens doivent naviguer, mais aussi la complexité des choses. « Souvent, on juge trop vite, on suppose beaucoup de choses par rapport à la société, alors que c’est un engrenage de systèmes complexes, avec le stress, la compétition, l’économie, la richesse, la pauvreté… », dit-il.

« Des Mexicains n’aiment pas ce film, parce qu’il montre des choses qui sont moins belles à montrer, souligne Eduardo Acosta Blanco. Mais ça fait partie de la vie. Et c’est important de connaître ce problème pour être en mesure, un jour, de le régler. »