Pour s’évader le temps d’une soirée, dans le confort de son foyer, pourquoi ne pas découvrir un pays en mangeant un de ses plats typiques devant un film qui nous y fait sentir ? Aujourd’hui, les suggestions d’accords « mets-films » de Kim Thúy.

Catherine Handfield Catherine Handfield
La Presse

Kim Thúy a eu plusieurs vies.

Native de Saïgon, Québécoise depuis plus de 40 ans, elle a été avocate puis restauratrice avant de devenir l’écrivaine à succès que l’on connaît (et que l’on aime !). Son œuvre – Ru, Man, Vi et Em, son plus récent roman – raconte autant son Viêtnam natal que son Québec d’adoption.

C’est donc la personne toute désignée pour nous suggérer une recette et un film qui nous feront sentir au Viêtnam. À l’image de ses vies, la pétillante écrivaine nous a fait plusieurs recommandations.

Pour le mets, Kim Thúy nous suggère une recette simple et savoureuse : le poisson frit à la citronnelle. « Le poisson ou le tofu à la citronnelle est un plat qui se trouve à table au moins une fois par semaine, nous dit Kim Thúy. Il s’agit d’une recette extrêmement simple à préparer, et ce, avec cinq ingrédients : poisson ou tofu, citronnelle très finement hachée, ail, sel, piment au goût. On ne peut pas imaginer que le goût puisse être aussi explosif et satisfaisant en bouche avec si peu. »

Consultez la recette de Kim Thúy, tirée de son livre Le secret des Vietnamiennes

Pour les films, maintenant, l’écrivaine nous en propose trois, tous sortis au début des années 1990.

Indochine, réalisé par le Français Régis Wargnier et mettant en vedette Catherine Deneuve et Vincent Pérez, « pour la beauté de la baie d'Ha Long et du jeu des personnages principaux ». On suit la saga d’une famille française coloniale dans les années 1930 à 1950, dans une Indochine française marquée par l’exploitation étrangère et les soulèvements nationalistes.

The Lover, film franco-britannique réalisé par Jean-Jacques Annaud. Il s’agit de l’adaptation cinématographique du livre L’amant, dans lequel Marguerite Duras raconte son adolescence en Indochine. C’est ce livre qui a exposé Kim Thúy à la littérature française, d’où son affection pour tout ce qui lui est relié.

Et L’odeur de la papaye verte, film en vietnamien de Tran Anh Hung qui raconte l’histoire de Mui, une servante de 10 ans au service d’une famille riche. Si Kim Thúy le recommande, c’est pour « le jeu de la petite fille et le traitement moderne du sujet ».

Kim Thúy avait aussi d’autres idées d’accords mets-films pour nous faire découvrir d’autres univers (pourquoi pas ?). Un High Tea (cette collation anglaise comprenant thé, biscuits, gâteaux, etc.) devant le film The Age of Innocence, de Martin Scorsese ; une fondue au fromage devant le film Force majeure, de Ruben Östlund ; des plats pour emporter du restaurant Montréal Plaza avec le film Like Water for Chocolate ; et des plats pour emporter chinois avec le film Eat Drink Man Woman.