La nouvelle est tombée cette semaine. Exit les rassemblements, annulées les festivités. Toutes les festivités ? Bien sûr que non. Vous avez été nombreux à répondre à notre appel à tous, pour nous écrire comment vous comptez célébrer Noël cette année, et ce, malgré les nouvelles restrictions annoncées. Des idées inspirantes, innovantes et surtout franchement réconfortantes, à reproduire sans modération.

Silvia Galipeau Silvia Galipeau
La Presse

Un Noël « tranquille »

Beaucoup l’ont signalé (à commencer par le premier ministre lui-même) : ce sera tranquille cette année. À ne pas confondre avec tristounet ou forcément décevant. Un plan B (ou C, ou D !), certes, mais néanmoins appréciable. Parce qu’un Noël en famille, en couple, entre colocs ou, bien sûr, seul, ça peut aussi être reposant. C’est du moins le constat qu’a fait Nancy Morissette, pour qui Noël cette année s’annonce comme suit : bouchées et bulles en famille restreinte le 24 (et le reste de la parenté via Zoom), et tout plein de gâteries maison (biscuits, biscottis et maison en pain d’épices) à déguster le reste du congé. « Notre bonne gastronomie nous réchauffera le cœur et occupera ces journées, normalement festives, nous a-t-elle écrit. Voilà, nous serons de retour au travail et à l’école, en janvier, enfin reposés, pour la première fois depuis belle lurette ! Il y a au moins ça de bien dans toute cette situation. » Parlant de repos, chez les Lacroix-Vachon, cette année, les trois enfants vont carrément dormir au pied du sapin. Et pourquoi pas ? Entre autres projets ici : le traditionnel repas sera distribué directement à la famille élargie (et partagé virtuellement), et on prévoit en prime de chanter des chants de Noël dehors, devant les maisons des amis. À noter, de nombreux lecteurs ont fait part ici d’une inspirante résilience. « On se garde en santé pour les beaux jours », « on se reprendra à Pâques ou à la Saint-Jean », ou encore « on continue de s’aimer… de loin » ! Sages paroles signées Manon Mireault : « C’est triste pour ceux qui souffrent de solitude ou d’anxiété. Sinon je ne vois pas de drame, la solidarité sociale est plus importante. »

Noël créatif

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Patricya Lacerte et sa famille ont de nombreuses idées pour célébrer Noël malgré la pandémie. Sur la photo, Luc, Anais, Patricya et Lucas.

Patricya Lacerte ne le cache pas, elle a d’abord été franchement découragée par l’annonce du premier ministre François Legault, annulant les rassemblements initialement permis pour les Fêtes. Découragée de constater que le 25 décembre risquait bien de ressembler à tous les autres jours de l’année, depuis ce fameux 13 mars dernier. « Je vais être juste avec les mêmes quatre faces que depuis le 13 mars, a-t-elle écrit, c’est tentant […] de juste rester en mou et faire réchauffer une lasagne congelée le 25… décembre ! » Ça vous sonne une cloche ? Ceci dit, rapidement, elle s’est ressaisie : « Je suis capable de mieux ! Ça va demander un gros effort, mais la satisfaction va être plus grande que si je boude et je ne fais rien ! » Les idées ne manquent d’ailleurs pas pour insuffler un peu de magie ici et là. Plusieurs nous ont signalé avoir l’intention de distribuer des cadeaux à leur parenté pour les déballer « ensemble », quoique virtuellement, par la suite. Traiteurs et autres restaurants offrant des plats à emporter risquent aussi d’être sollicités, s’il faut croire les intentions ici partagées (« et ils en ont besoin ! »). Mention spéciale à Marianne Allard, qui a eu de son côté l’originale idée de ressusciter une tradition de son enfance jusqu’ici mise de côté. À savoir : le réveillon ! « Quand j’étais petite, on faisait un vrai réveillon. Mes parents nous levaient, mes sœurs et moi, à minuit pour découvrir que le père Noël était passé, c’était magique. Je n’ai pas repris la tradition avec mes enfants, car habituellement, le temps des Fêtes est très occupé et nos heures de sommeil sont très précieuses ! Je songe toutefois, cette année, à faire tinter les grelots au milieu de la nuit… pour la première fois avec mes petits. On aura bien le temps de s’en remettre ! »

Noël généreux

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LAPRESSE

Pour Noël, Marilou Garon va distribuer des biscuits aux sans-abri.

Pas de souper en famille cette année ? Qu’à cela ne tienne, beaucoup ont l’intention de cuisiner pour leurs proches (une tourtière de canard pour un ami seul ici, un mélange à biscuits pour des voisins là), de généreusement remercier nos nouveaux « lutins de Noël » (vous l’aurez deviné : les facteurs !) et, pourquoi pas, de donner au prochain toutes les économies réalisées avec ces festivités forcément plus modestes (à une banque alimentaire, par exemple). Marilou Garon, quant à elle, seule cette année, a décidé de faire contre mauvaise fortune bon cœur, avec une formule de bénévolat à la fois « sécuritaire » et, surtout, « distancée ». Son idée ? Donner ce qui lui fait le plus plaisir, à savoir de la nourriture ! « Je me rendrai à différents endroits de la ville avec des biscuits maison, des gâteries et un thermos de chocolat chaud que je distribuerai aux personnes itinérantes que je rencontre […] Je ne me fais pas d’illusions : ça ne changera pas un iota dans la vie de quiconque, mais si ça peut soulager quelques secondes, ce sera ça ! » Qui dit mieux ? « Cuisiner pour mon fils et ma famille me manquera beaucoup pendant les fêtes, alors ce sera une façon de “donner de l’amour” autrement, à des personnes avec qui le hasard de la vie aura été difficile. » Retour aux sources, vous dites ?

La question des rassemblements extérieurs

Plusieurs lecteurs nous ont écrit avec la ferme intention de fêter dehors, autour d’un feu à la campagne, pour partager tourtière, bûche et bon vin sous les étoiles, cadeaux du père Noël à distance, et en prime. C’est le cas de Robert McMahon, de Nicolet, qui a carrément acheté un foyer extérieur au propane, pour réchauffer la terrasse de son fils à Montréal (les feux en plein air étant interdits en ville), et surtout surprendre ses petits-enfants la veille de Noël. « Ça va être parfait, ils vont s’en souvenir longtemps ! », se disait-il, jusqu’à ce qu’il réalise, vendredi matin : « Les rassemblements extérieurs, eux aussi, sont interdits ! » En effet, faut-il le rappeler, et jusqu’à preuve du contraire, en zone rouge, les rassemblements, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs, ne sont effectivement pas permis. Pourquoi donc, vous demandez-vous ? « C’est certain qu’au niveau épidémiologique, à l’extérieur, si les gens sont vraiment à deux mètres, les risques ne sont pas très grands, convient Gaston De Serres, médecin-épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec. Le problème, c’est que quand les gens se rassemblent à l’extérieur […] ils ne restent pas à deux mètres… » S’ils ont froid et qu’ils se collent, encore moins. D’où la règle « claire » interdisant tous les rassemblements, tout simplement. Cela dit, rappelons qu’il n’est pas interdit de faire une marche à l’extérieur, et ce, avec une personne (toujours à deux mètres). Et à trois ? Ou à deux familles, disons à huit ? « Ça commence à ressembler à un rassemblement », répond le chercheur, qui croit ici que le gouvernement devrait « préciser certaines règles » et « clarifier » ici les choses. À suivre, assurément !