Un matin de novembre, Camille Joanisse a lu un article à propos des CHSLD aux prises avec des éclosions de COVID-19. Elle a pensé aux résidants, bien sûr, mais aussi à tous les anges gardiens qui les entourent en cette période particulièrement éprouvante. Camille a eu envie de les remercier, tout simplement.

Catherine Handfield Catherine Handfield
La Presse

« Ce matin-là, je me suis assise devant mon iPad et je me suis mise à dessiner », raconte Camille Joanisse, étudiante au doctorat en santé des populations à l’Université d’Ottawa. Elle a ainsi préparé quatre jolies affiches arborant des petits mots d’encouragement. « Merci de prendre soin des aînés », « vous êtes merveilleux et merveilleuses », « votre travail compte », « on pense à vous ».

Camille Joanisse a imprimé chacune des affiches 11 fois et les a envoyées par la poste aux 11 CHSLD qui étaient jugés en situation critique en date du 9 novembre — dans les régions de Chaudière-Appalaches, de Lanaudière, de la Capitale-Nationale, de la Montérégie, de l’Estrie et du Saguenay. La jeune femme a aussi écrit un petit message aux employés. « Je voulais leur dire qu’on sait qu’ils travaillent fort, qu’ils se donnent, qu’ils ont du cœur », dit-elle.

Dans ses travaux, l’étudiante universitaire s’intéresse particulièrement au vieillissement, aux personnes en CHSLD et à celles souffrant de démence. « Je trouve que c’est LA population qui est mise de côté, qui est oubliée, et ça me fait profondément de la peine », dit-elle.

PHOTO FOURNIE PAR CAMILLE JOANISSE

Camille Joanisse, étudiante au doctorat en santé des populations à l’Université d’Ottawa

Technicienne en éducation spécialisée au centre d’hébergement BMP, en Estrie, Kristel Sanschagrin a été surprise de recevoir une enveloppe toute décorée par la poste. Et elle a été émue de voir son contenu. Les derniers jours ont évidemment été éprouvants, tant pour les résidants que pour les employés.

Quand tu sors, après le travail, tu es plus fatiguée, plus irritable. Et tu te dis : mon Dieu, est-ce qu’on va passer à travers ? Et tranquillement, ça finit par s’éclaircir.

Kristel Sanschagrin, technicienne en éducation spécialisée au centre d’hébergement BMP, en Estrie, qui souligne que l’éclosion est maintenant sous contrôle.

Comme le centre doit être désinfecté en profondeur, Kristel a fait plastifier les affiches avant de les accrocher. Elle en a mis une dans son bureau, une dans chacun des deux bureaux des infirmières et une devant l’ascenseur du personnel. « C’est vraiment apprécié de tous de savoir que quelqu’un qu’on ne connaît pas nous tend la main et nous dit : “On voit ce que vous faites” », dit-elle.

Camille Joanisse a publié une petite vidéo de son projet sur son compte Instagram pour inciter les autres à suivre son exemple (c’est de cette façon que La Presse en a entendu parler). « Si une personne voit ça et ça l’inspire, tant mieux ! », conclut-elle.

> Consultez la publication de Camille