(Los Angeles) Kobe Bryant. John Lewis. Et voici que s’ajoute à cette triste liste, Chadwick Boseman.

Jonathan Landrum fils
Associated Press

L’année 2020 a été terrible pour bien des endroits sur la planète, mais elle a été particulièrement cruelle envers la communauté noire américaine. La mort s’est saisie de ces trois figures marquantes, des meneurs dans leur domaine respectif.

La perte d’une personnalité importante comme Chadwick Boseman est plus que tragique aux yeux de plusieurs. L’acteur, qui a donné vie sur le grand écran au superhéros africain Black Panther, est mort à l’âge de 43 ans chez lui après avoir lutté en privé contre le cancer du côlon pendant quatre ans.

PHOTO DANNY MOLOSHOK, ARCHIVES REUTERS

Chadwick Boseman est mort vendredi à l’âge de 43 ans.

« Ce sont des piliers de notre communauté, formule le révérend Al Sharpton. En période d’instabilité, on dépend de piliers. C’est déjà assez grave quand la tempête souffle à l’extérieur et qu’on voit la foudre et on entend le tonnerre, si, en plus, les piliers qui soutiennent notre maison tremblent. C’est toute la maison qui tremble, car les éléments qui nous protègent de la tempête sont en train d’être supprimés. »

M. Sharpton a salué le jeu de Boseman pour avoir humanisé plusieurs figures marquantes de la communauté noire dans ses rôles : la vedette de baseball Jackie Robinson, le charismatique chanteur James Brown et le premier juge de la Cour suprême afro-américaine, Thurgood Marshall.

Candidat à un Oscar pour son rôle du roi T’Challa du Wakanda — cet autre moi de la Panthère noire, Chadwick Boseman a prouvé qu’un héros noir pouvait porter un film grand public sur les épaules et l’amener au succès.

« Nous avons été touchés de manière disproportionnée par la COVID, nous subissons les attaques des forces de l’ordre. Il était le symbole qui nous transportait au Wakanda. [Sa mort] ne peut être qu’un dur coup, souligne Al Sharpton. Apprendre que notre superhéros, qui projetait une lumière positive, n’est plus de ce monde, c’est un coup dur. »

Selon la grande vedette de la NBA, LeBron James, la capacité de Boseman à transcendre la Panthère noire a permis de rendre ce personnage réel aux yeux de nombreux membres de la communauté noire.

« Même si nous savions que c’était une fiction, cette histoire nous semblait réelle. C’était comme si nous avions enfin notre superhéros noir et que personne ne pouvait plus nous toucher. »

Pour le défenseur des droits des Noirs, Martin Luther King III, la mort de Boseman de « grande perte ». Toutefois, il encourage les gens à ne pas perdre espoir, même en cette année de tumulte.

« Nous pourrions facilement dire que c’est l’année la plus terrible qui ait existé, a déclaré M. King. Nos ancêtres ont dû traverser tant de choses. Et pourtant, nous sommes toujours là. Nous sommes loin d’où nous devons être, mais nous faisons toujours des progrès ».

Gil Robertson, le cofondateur et président de l’African American Film Critics Association, constate que les Noirs se trouvent à un carrefour crucial de leur survie aux États-Unis.

« On reçoit des coups de tous les côtés, dit-il. Nous perdons ces hommes forts. Ces hommes qui vivaient avec un niveau d’intégrité, un niveau d’authenticité. Je trouve tout cela alarmant. J’espère que notre communauté pourra vraiment se rassembler. Pas seulement pour une seule cause, mais juste pour faire un effort constant pour relever notre communauté. »