Catherine Barrette n’a jamais eu de potager. Elle n’y a jamais vu l’intérêt. Au point de s’être souvent demandé comment cela pouvait en allumer d’autres ! Mais c’était avant l’arrivée de la COVID-19… La série web La ruelle côté jardin nous invite à la suivre dans sa découverte de l’agriculture urbaine.

Isabelle Morin
Isabelle Morin La Presse

Alors que les jours passent sans trop savoir quoi faire de sa peau, Catherine, nouvelle résidante du quartier Rosemont, se demande à quoi elle peut bien occuper son temps. Faire du pain ? Mais encore… Jardiner ? Autour d’elle et dans les réseaux sociaux, le jardinage s’annonce comme l’activité la plus tendance de l’été. La jeune femme se met alors à rêver d’un potager opulent dont elle pourra partager les fruits et légumes avec d’autres.

S’amorcent ainsi ses aventures potagères, incluant beaucoup d’essais et quelques erreurs.

Voilà le synopsis de départ de La ruelle côté jardin, série « verte » portée par La Ruelle Films (Bombes à retardement, J’ai la mémoire qui tourne), en collaboration avec 15 étudiants du baccalauréat en communication de l’UQAM. En sept courtes capsules, présentées sur tva.ca, l’équipe explore, étape par étape, et de manière ludique, les aspects pratico-pratiques de l’aménagement d’un potager en ville.

Ces tutoriels mijotaient dans la tête de la productrice, Guylaine Maroist, depuis quelques années. La COVID-19 a mis en place les conditions pour passer à l’action, explique Catherine Barrette, qui anime cette série sur un ton humoristique. « L’intérêt pour le jardinage était vraiment là à ce moment. Mais tout le monde s’est improvisé jardinier sans trop comprendre ce qu’il faut faire. » L’équipe a donc misé sur les bases.

Pourquoi jardiner ?

L’information se veut digeste, légère et concise pour les débutants de tous âges, mais s’adresse en particulier aux jeunes.

On trouvait que le contenu de jardinage était souvent plate. On voulait vraiment prendre ça par le début, et surtout, donner le goût aux gens de se mettre les mains dans la terre, peu importe qu’ils aient accès à un jardin ou un balcon.

Catherine Barrette

D’abord sceptique à l’idée qu’on puisse prendre plaisir à arroser son jardin tous les jours pour récolter quelques tomates, Catherine Barrette dit avoir saisi le « buzz » en voyant pointer ses premières pousses. « Quand j’ai mangé ma première tomate, j’ai eu des papillons dans le ventre, raconte-t-elle. Moi, le jardinage, c’est pas ma passion. Mais d’écouter d’autres personnes passionnées en parler avec des étoiles dans les yeux, ç’a été une découverte. » Car la série va aussi à la rencontre d’amateurs ou d’experts en jardinage de différents coins de Montréal.

La ruelle côté jardin vogue sur des concepts actuels : autonomie alimentaire, agriculture urbaine, économie sociale. « Le projet a été guidé par l’idée de reprendre le contrôle de notre vie. On était tous en crise de pandémie et on l’est encore. De se dire : je ne peux pas contrôler cet aspect de ma vie, mais si au moins je peux le faire avec ce qui arrive dans mon assiette, c’est déjà ça, indique Catherine en ajoutant que 2020 aura été un gros wake-up call pour tout le monde. Tous ces concepts restent encore beaucoup dans le paraître, mais de se faire un potager, même sur sa terrasse, ça implique qu’on le fasse pour vrai. »

Malheureusement, la websérie se présente tardivement dans la saison du jardinage. Elle sera toutefois en ligne pour trois années encore. À revisionner au printemps pour rafraîchir ses notions de jardinage, avant de se replonger les mains dans le potager.

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