À quoi ressemble le quotidien des adolescents, privés d’école depuis le 13 mars ? La Presse a demandé à trois jeunes de photographier leur réalité pendant le confinement. Djélahni, Charles et Justine témoignent.

Marie Allard Marie Allard
La Presse

Djélahni-Nala Dorsainvil vit avec ses parents, sa sœur et son frère dans la métropole, « à la limite de Montréal-Nord et Rivière-des-Prairies », précise-t-elle. C’est à l’Académie de sports de combat et d’arts martiaux Ness Martial qu’elle a donné rendez-vous au photographe de La Presse.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Djélahni-Nala Dorsainvil

« C’est un endroit où tu peux te dépasser, te surpasser, vider tes émotions, décrit l’adolescente. Comme je suis en sport-études, j’y allais tous les jours à 13 h 30. » Aussi gymnaste, Djélahni faisait 30 heures de sport par semaine avant la pandémie de COVID-19. « Ç’a été vraiment difficile de rester soudainement à la maison », souligne-t-elle.

Les photos de Djélahni-Nala Dorsainvil, 12 ans, Montréal, Collège Reine-Marie

  • « Mon frère est souvent dans ma chambre quand je fais mes devoirs, dit Djélahni. Il est intéressé par mes livres, il regarde ce que j’écris. Il veut taper sur le clavier et écrire. » Le confinement a eu pour effet de rapprocher Djélahni de son petit frère, âgé de 2 ans. « Pour moi, c’est positif, indique-t-elle. En temps normal, je ne le vois pas de la journée, juste pour souper. »

    PHOTO FOURNIE PAR DJÉLAHNI-NALA DORSAINVIL

    « Mon frère est souvent dans ma chambre quand je fais mes devoirs, dit Djélahni. Il est intéressé par mes livres, il regarde ce que j’écris. Il veut taper sur le clavier et écrire. » Le confinement a eu pour effet de rapprocher Djélahni de son petit frère, âgé de 2 ans. « Pour moi, c’est positif, indique-t-elle. En temps normal, je ne le vois pas de la journée, juste pour souper. »

  • Cette œuvre murale est dans le Quartier chinois de Montréal. « Normalement, beaucoup de personnes vont là, observe Djélahni. Avant, j’allais souvent avec mes parents dans les restaurants, les magasins. Là, j’y suis allée et il n’y avait presque personne. »

    PHOTO FOURNIE PAR DJÉLAHNI-NALA DORSAINVIL

    Cette œuvre murale est dans le Quartier chinois de Montréal. « Normalement, beaucoup de personnes vont là, observe Djélahni. Avant, j’allais souvent avec mes parents dans les restaurants, les magasins. Là, j’y suis allée et il n’y avait presque personne. »

  • Le pont Jacques-Cartier est coloré, même en temps de pandémie. « Cette photo représente le chemin que les gens prennent chaque matin, explique Djélahni. Moi, habituellement, je prends toujours le même chemin pour aller à l’école. »

    PHOTO FOURNIE PAR DJÉLAHNI-NALA DORSAINVIL

    Le pont Jacques-Cartier est coloré, même en temps de pandémie. « Cette photo représente le chemin que les gens prennent chaque matin, explique Djélahni. Moi, habituellement, je prends toujours le même chemin pour aller à l’école. »

  • « Pendant la pandémie, tout est un peu flou, estime Djélahni. Les règles ne sont pas claires, ce n’est pas comme à l’habitude. Tu te sens vraiment petit comparé aux autres, parce que tu ne peux rien faire. Dans la grande roue, tu vois assez clairement ce qui se passe. Tu te sens plus grand. Tu connais l’environnement dans lequel tu te trouves et tu sais comment sera demain. »

    PHOTO FOURNIE PAR DJÉLAHNI-NALA DORSAINVIL

    « Pendant la pandémie, tout est un peu flou, estime Djélahni. Les règles ne sont pas claires, ce n’est pas comme à l’habitude. Tu te sens vraiment petit comparé aux autres, parce que tu ne peux rien faire. Dans la grande roue, tu vois assez clairement ce qui se passe. Tu te sens plus grand. Tu connais l’environnement dans lequel tu te trouves et tu sais comment sera demain. »

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« Au début, ç’a été compliqué au niveau moral, se souvient-elle. En confinement, le temps ne passe pas vite. Tu t’ennuies beaucoup plus qu’avant. Même si t’as des devoirs à faire, ce n’est pas une grande source de motivation pour te lever le matin. Les Google Meets sont obligatoires à mon école, donc je les fais. Mais ce n’est pas facile pour tout le monde. »

Charles Wiedrick, 15 ans, a passé le confinement chez sa mère, à Granby, et chez son beau-père, à Farnham. « Je ne m’ennuie pas vraiment de l’école, dit-il. Ce qui me manque le plus, c’est que je faisais de l’improvisation en parascolaire. »

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Charles Wiedrick

Charles est occupé : depuis le mois de mai, il travaille 30 heures par semaine dans un supermarché. « Je désinfecte des paniers, décrit-il en soupirant. C’est long, huit heures assis sur un banc, à désinfecter. » Comme il aura 16 ans en septembre, le sympathique adolescent économise pour payer son permis de conduire.

Les photos de Charles Wiedrick, 15 ans, Granby, École secondaire Joseph-Hermas-Leclerc

  • Charles avec Maya, sa chatte himalayenne. « On l’a eue en janvier ou février, dit-il. Là, elle ronronne comme un tracteur ! »

    PHOTO FOURNIE PAR CHARLES WIEDRICK

    Charles avec Maya, sa chatte himalayenne. « On l’a eue en janvier ou février, dit-il. Là, elle ronronne comme un tracteur ! »

  • Charles collectionne les figurines de Marvel et des Avengers. « J’ai eu le projet de dessiner toutes mes figurines, explique-t-il. J’ai plastifié mes dessins et je les ai mis au mur. » L’adolescent expose aussi les chaussures de sport qu’il affectionne.

    PHOTO FOURNIE PAR CHARLES WIEDRICK

    Charles collectionne les figurines de Marvel et des Avengers. « J’ai eu le projet de dessiner toutes mes figurines, explique-t-il. J’ai plastifié mes dessins et je les ai mis au mur. » L’adolescent expose aussi les chaussures de sport qu’il affectionne.

  • « Je joue à un jeu de cartes qui s’appelle Magic, explique Charles. Avant la pandémie, j’allais souvent jouer à Granby, à un endroit chaleureux qui s’appelle Le coin ludique. C’est vraiment le fun : t’arrives, t’emmènes tes cartes et il y a toujours du monde là-bas qui veut jouer avec toi. Dès que ça rouvre, c’est sûr que j’y vais. »

    PHOTO FOURNIE PAR CHARLES WIEDRICK

    « Je joue à un jeu de cartes qui s’appelle Magic, explique Charles. Avant la pandémie, j’allais souvent jouer à Granby, à un endroit chaleureux qui s’appelle Le coin ludique. C’est vraiment le fun : t’arrives, t’emmènes tes cartes et il y a toujours du monde là-bas qui veut jouer avec toi. Dès que ça rouvre, c’est sûr que j’y vais. »

  • « Avec mon beau-père, on a tout défait l’ancien perron et on en a refait un nouveau », précise Charles. C’était cool d’avoir le temps de faire ce projet ? « Oui, répond-il. Je ne suis pas vraiment quelqu’un qui avait déjà travaillé le bois et tout. »

    PHOTO FOURNIE PAR CHARLES WIEDRICK

    « Avec mon beau-père, on a tout défait l’ancien perron et on en a refait un nouveau », précise Charles. C’était cool d’avoir le temps de faire ce projet ? « Oui, répond-il. Je ne suis pas vraiment quelqu’un qui avait déjà travaillé le bois et tout. »

  • « Xyrox, c’est mon nom, mon gamer tag, explique Charles. C’est le nom de ma chaîne YouTube. J’ai fait ma première vidéo il y a huit mois. Avec deux amis, on a aussi lancé une team e-sport qui s’appelle Exo Esport. C’est une équipe de jeux vidéo. On s’enligne dans le compétitif, on veut faire des tournois. J’ai participé à un tournoi le 17 décembre à Belœil, avec un ami. C’était vraiment une expérience inoubliable. »

    PHOTO FOURNIE PAR CHARLES WIEDRICK

    « Xyrox, c’est mon nom, mon gamer tag, explique Charles. C’est le nom de ma chaîne YouTube. J’ai fait ma première vidéo il y a huit mois. Avec deux amis, on a aussi lancé une team e-sport qui s’appelle Exo Esport. C’est une équipe de jeux vidéo. On s’enligne dans le compétitif, on veut faire des tournois. J’ai participé à un tournoi le 17 décembre à Belœil, avec un ami. C’était vraiment une expérience inoubliable. »

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Charles aime le basketball, les cartes Magic et le jeu vidéo Fortnite. « Je ne joue pas plus que quand j’avais de l’école, précise-t-il. J’ai une restriction de temps d’écran : ma mère me laisse 12 heures par semaine, que je gère comme je veux. J’ai une chaîne YouTube, je fais du montage de mes meilleurs moments. Ça occupe beaucoup de mon temps d’écran. »

Justine Déry habite dans le quartier Saint-Michel avec son père, sa belle-mère et son frère âgé de 16 ans. Comment vit-elle le confinement ? « C’est quand même difficile, répond-elle. Tout a changé. Rester sans voir personne, c’est un peu long. » Justine n’a pas de téléphone intelligent, mais elle est gâtée en appareils photo. « Fin février, mon père m’a acheté une Canon Rebel qu’il a trouvée sur Kijiji », dit Justine. Elle utilise aussi d’autres appareils photo.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Justine Déry

« Quand je prends des photos, ma chienne Sissi est ma vedette, précise-t-elle. Je l’adore. Elle me rend heureuse et me fait oublier des moments plus difficiles. » Avis aux futurs fans : Sissi a même son propre compte Instagram, @sissi_laguidoune.

Les photos de Justine Déry, 13 ans, Montréal, École secondaire Joseph-François-Perrault

  • « Famille de paranos », c’est le titre que Justine a donné à cette photo. « On avait acheté de la bouffe pour deux semaines, se rappelle-t-elle. C’était plein, frigo et garde-manger. Je trouvais ça drôle. Ça représente tellement bien le confinement. »

    PHOTO JUSTINE DÉRY

    « Famille de paranos », c’est le titre que Justine a donné à cette photo. « On avait acheté de la bouffe pour deux semaines, se rappelle-t-elle. C’était plein, frigo et garde-manger. Je trouvais ça drôle. Ça représente tellement bien le confinement. »

  • « Arrêt, ça peut représenter plein de choses, dit Justine. Comme ‟Arrêtons de voir des gens”… Je trouvais aussi que les couleurs étaient belles. J’ai pris cette photo pendant une marche avec mon chien. »

    PHOTO JUSTINE DÉRY

    « Arrêt, ça peut représenter plein de choses, dit Justine. Comme ‟Arrêtons de voir des gens”… Je trouvais aussi que les couleurs étaient belles. J’ai pris cette photo pendant une marche avec mon chien. »

  • « Ça représente mon chien et moi qui attendons le changement, indique Justine. On attendait le printemps et finalement, le printemps est arrivé ! On profitait du temps qu’on avait. »

    PHOTO JUSTINE DÉRY

    « Ça représente mon chien et moi qui attendons le changement, indique Justine. On attendait le printemps et finalement, le printemps est arrivé ! On profitait du temps qu’on avait. »

  • « Un jour, je n’avais rien à faire, se souvient Justine. J’ai fait voler mon toutou et je trouvais ça drôle. C’est Stitch. Je l’ai acheté en voyage à Disney World, l’année dernière. »

    PHOTO JUSTINE DÉRY

    « Un jour, je n’avais rien à faire, se souvient Justine. J’ai fait voler mon toutou et je trouvais ça drôle. C’est Stitch. Je l’ai acheté en voyage à Disney World, l’année dernière. »

  • « Quand je regarde cette photo, je trouve que ça ressemble un petit peu à la solitude, dit Justine. Mais je trouve aussi que c’est beau. »

    PHOTO JUSTINE DÉRY

    « Quand je regarde cette photo, je trouve que ça ressemble un petit peu à la solitude, dit Justine. Mais je trouve aussi que c’est beau. »

  • Sissi porte des lunettes de protection pour aider sa famille à construire une serre. « Ma belle-mère voulait faire un projet jardin, précise Justine. On a acheté du bois et mon père l’a construite en environ deux jours. Là, la serre est finie, il y a de la terre dedans et les légumes sont en train de pousser. »

    PHOTO JUSTINE DÉRY

    Sissi porte des lunettes de protection pour aider sa famille à construire une serre. « Ma belle-mère voulait faire un projet jardin, précise Justine. On a acheté du bois et mon père l’a construite en environ deux jours. Là, la serre est finie, il y a de la terre dedans et les légumes sont en train de pousser. »

  • Le titre de cette photo ? « #Ça va bien aller » « Il avait plu, évidemment, et là il faisait soleil, se souvient Justine. Il y a eu un arc-en-ciel et je trouvais ça beau. Ça va bien aller. »

    PHOTO JUSTINE DÉRY

    Le titre de cette photo ? « #Ça va bien aller » « Il avait plu, évidemment, et là il faisait soleil, se souvient Justine. Il y a eu un arc-en-ciel et je trouvais ça beau. Ça va bien aller. »

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