L’entreprise de services funéraires Alfred Dallaire Memoria tiendra dimanche une cérémonie virtuelle à la mémoire des gens morts au cours des derniers mois.

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

Animée par le comédien et célébrant Stéphane Crête, cette cérémonie réunira notamment la comédienne Béatrice Picard, le poète et écrivain Rodney Saint-Éloi, l’auteur-compositeur-interprète Martin Léon, le diacre Daniel Théorêt, ainsi qu’un trio de musiciens de l’Orchestre symphonique de Laval.

« Nous voulions créer un évènement pour apporter du réconfort. Sans se rassembler, on peut se regrouper autour d’un moment », explique Julia Duchastel, vice-présidente d’Alfred Dallaire Memoria.

Avec la pandémie, il y a des deuils qui sont vécus à l’échelle individuelle, mais aussi un grand « deuil collectif ».

Chaque printemps, Alfred Dallaire Memoria tient une « Cérémonie des générations » (qui a longtemps été célébrée par la regrettée Rita Lafontaine), qui attire près de 300 personnes dans son « Jardin des mémoires » situé à Laval. Avec la pandémie, cette cérémonie sera exceptionnellement virtuelle, gratuite et ouverte à tous. Elle sera diffusée dimanche à 16 h sur Facebook et sur le site web d’Alfred Dallaire Memoria.

Les gens qui ont perdu un proche pendant le confinement n’ont pas pu vivre leur deuil comme il se doit. Ils n’ont pu l’accompagner dans ses derniers moments, ni même se réunir comme ils l’auraient souhaité.

Depuis le début du confinement, les services funéraires sont considérés comme essentiels, mais ils ont été fortement réduits. Il a toujours été possible d’avoir des expositions intimes, mais celles-ci ont longtemps été réservées aux membres de la famille immédiate à qui l’on suggérait de faire un salut avec la main sur le cœur au lieu de se faire une accolade.

Il est maintenant possible de recevoir plus de gens, notamment à l’extérieur. « Il y a eu des mesures d’assouplissement, et on s’adapte chaque semaine », précise Mme Duchastel.

Mais s’il est possible de reporter des funérailles, il est impossible de mettre un deuil sur pause.

« C’est une perte de repères et un second deuil à faire, souligne Julia Duchastel. Je n’ai pas de mot pour les gens qui sont morts seuls à l’hôpital et pour leurs proches. C’est horrible. » C’est important de voir les dépouilles, souligne la vice-présidente d’Alfred Dallaire Memoria. « Le deuil, c’est une série d’étapes et de phases d’acceptation. »

Stéphane Crête comme célébrant

« Ma vie parallèle », lance-t-il.

En marge de sa vie d’acteur et de dramaturge, Stéphane Crête est célébrant. Il a même suivi une formation en travail rituel à l’école HO Rites de Passage. « Une école laïque », précise-t-il.

PHOTO FOURNIE PAR ALFRED DALLAIRE MEMORIA

Stéphane Crête

Le sujet de la mort le fascine depuis longtemps. Il l’a abordé dans sa pièce Mauvais goût et dans un documentaire diffusé à Canal D. Dimanche, non seulement animera-t-il une première cérémonie virtuelle en direct, mais encore il le fera en respectant les règles de distanciation physique. « Il y a des choses préenregistrées, mais moi, je serai en direct. »

« En étant ouvert à tous, cela devient un évènement inclusif, se réjouit-il. Il y a tellement de gens au Québec qui ne peuvent pas poursuivre leur deuil. » La cérémonie de dimanche entremêlera poésie, spiritualité et musique. « Un rituel, c’est créatif et c’est près de l’art. »

« C’est de faire du bien à l’âme », conclut Stéphane Crête.

Consultez la page Facebook d'Alfred Dallaire Memoria