L’année qui s’achève a été mouvementée pour le chanteur : en plus de s’être débattu en justice contre Mike Ward, il a fait ses premiers pas en politique. Et il a eu la piqûre.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

« Si un parti politique est prêt à me tendre la main pour que je puisse m’impliquer, je suis disponible », dit Jérémy Gabriel.

Lors des dernières élections fédérales, l’homme de 23 ans était l’attaché politique du jeune candidat néo-démocrate Jérémie Juneau, dans la circonscription de Louis-Hébert. Même si son candidat n’a pas été élu, Jérémy Gabriel a été enchanté par son expérience.

« J’ai eu la piqûre ! J’aime tellement débattre, échanger. Entre autres en discutant avec des groupes communautaires, des journalistes, des politiciens et des militants, j’ai beaucoup appris », confie le chanteur, atteint du syndrome de Treacher Collins, une maladie congénitale rare.

S’impliquer davantage

Dans les dernières années, Jérémy Gabriel a beaucoup aimé donner des conférences au Canada et aux États-Unis pour « parler de la réalité d’un enfant qui vit à l’hôpital ». Il y a eu aussi des contrats musicaux pour des causes comme la Fondation Rêves d’enfants, Opération Enfant Soleil et les Chevaliers de Colomb, qui lui ont permis d’entendre bien des gens lui parler de leur réalité.

Mais depuis l’automne, il ressent encore plus l’envie de s’impliquer dans le milieu communautaire.

Je me vois très bien donner toute ma vie au service public, parce que je crois à une évolution des mentalités, à de meilleures conditions de vie et à un monde plus optimiste.

Jérémy Gabriel, chanteur

Depuis que Mike Ward s’est moqué de lui dans le spectacle Mike Ward s’eXpose, Jérémy Gabriel dit attirer les confidences de citoyens sur les injustices qu’ils subissent. « Ils me racontent leur histoire, me demandent à l’occasion des conseils et me disent que je les inspire. Ça me fait tellement de bien. »

Loin de regretter d’être au cœur de cette affaire judiciaire, le chanteur est fier d’avoir défendu son droit à l’égalité. Cette expérience lui a aussi prouvé qu’il était capable de prendre la critique, que les débats l’intéressent et, surtout, qu’il a envie d’aider son prochain, entre autres en dénonçant ce qu’il considère comme des injustices.

« Je crois que la politique est la meilleure voie pour m’impliquer et apporter des solutions concrètes », ajoute le chanteur, qui se voit plus en politique fédérale que provinciale.

Même s’il est bien conscient que ce n’est pas le métier qu’il pratiquera à temps plein, tout au long de sa vie, Jérémy Gabriel n’a pas l’intention d’arrêter de chanter pour autant. Avec des amis, il offre actuellement un nouveau spectacle où ils reprennent des succès.