(Mexico) La poupée Barbie a incarné de nombreux personnages, de la femme d’affaires à l’astronaute, en passant par la chanteuse de rock. En hommage à une tradition mexicaine, elle est désormais un… squelette.

Agence France-Presse

Inspirée par la célèbre fête du Jour des morts, cette nouvelle Barbie, dévoilée jeudi à Mexico, représente le personnage de la Catrina, squelette féminin vêtu de riches habits colorés, devenu un symbole de la culture populaire locale.

Cette édition spéciale, qui s’inspire d’un personnage créé vers 1912 par le caricaturiste mexicain José Guadalupe Posada, est un « hommage au Mexique, à ses traditions et à son peuple », selon le fabricant Mattel.

La poupée, qui coûte 1750 pesos mexicains (120 $), porte une robe ornée de fleurs colorées, et ses longs cheveux noirs et bleus sont décorés de papillons.

La figure de la Catrina a été popularisée par une fresque du peintre mexicain Diego Rivera (1996-1957), datant de 1947 et intitulé Rêve d’un samedi après-midi dans le parc Alameda. Le Jour des morts est célébré de façon festive au Mexique entre fin octobre et début novembre.

« Que cette tradition soit reconnue avec cette poupée, la plus célèbre du monde, est quelque chose qui me rend fière », a confié à l’AFP la collectionneuse de jouets mexicaine Jaqueline Vidal.

La création de cette poupée a toutefois suscité la controverse chez certains Mexicains, qui ont dénoncé une « appropriation culturelle » et la monétisation de traditions anciennes.

« Il n’y a aucun élément qui fait référence à des tenues indigènes traditionnelles. Plus que du plagiat à l’encontre de peuples indigènes, ce serait du plagiat contre les ayant-droits de Guadalupe Posada et Diego Rivera », souligne Octavio Murillo, un responsable de l’Institut national des peuples indigènes (INPI).

Plus d’un milliard de poupées Barbie ont été vendues dans le monde depuis son lancement par Mattel il y a 60 ans.