Incubateur de projets artistiques en tout genre, ZH Festival (Zone Homa) est de retour pour quatre semaines de performances singulières, engagées et éclatées. Du 23 juillet au 17 août, l’évènement proposera, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, 34 œuvres de créateurs émergents. La cofondatrice et directrice du festival, Mellissa Larivière, en présente quelques incontournables.

Valérie Simard Valérie Simard
La Presse

Rock Bière : le documentaire

« C’est un projet qui m’a tout de suite allumée. Ça pose la question de l’invisibilité des drag kings. Le milieu des drag queens est un mouvement très important, mais le mouvement drag kings, qui a pourtant déjà été très populaire à Montréal, a tout à coup perdu une certaine visibilité. C’est un sujet d’actualité dans la communauté LGBT. La présentation [mise en scène par Geneviève Labelle] sera entrecoupée de performances de drag kings. Il y aura par exemple des performances [personnifications] d’Éric Lapointe, Gerry Boulet, David Bowie. Le projet, même s’il soulève quelques questions, restera festif, puisqu’il s’agit de la soirée de clôture de ZH Festival. On se ralliera autour de plusieurs performances de drag queens et de drags kings. »

À la maison de la culture Maisonneuve, le 17 août

À GO, on criss le feu

« C’est un texte d’Ève Landry (pas la Ève Landry qu’on connaît !) et une mise en scène de Valery Drapeau, précise Mellissa Larivière. C’est parfait pour l’ouverture parce que la pièce aborde la quête existentielle de la génération 2000, une génération qu’on soutient beaucoup au festival. C’est le passage de l’adolescence à l’âge adulte, les problèmes amoureux, tout ce que vit une génération, de manière universelle, mais sous fond de parade nuptiale aux tendances migratoires, les incendies de forêt, les vautours. Avec des intermèdes qui renforcent l’idée d’une mémoire collective et une histoire universelle de l’humain, jusqu’à la bête. Il y a un côté humoristique, ludique, absurde, mais balancé avec le côté théorique des revues de sciences de la nature et, en même temps, le côté très poétique de la plume d’Ève Landry. »

À la maison de la culture Maisonneuve, le 23 juillet

Orfèvrerie & rien de moins

« C’est une performance culinaire et littéraire qui aura lieu sur la terrasse intérieure de la maison de la culture, un lieu qu’on ne voit pas souvent. Il y aura une cinquantaine de personnes invitées et, parmi elles, 12 seront choisies au hasard pour déguster 12 plats, qui sont en lien avec les 12 textes des auteurs. Les gens seront témoins de ce grand repas. L’idée de l’artiste [Anaëlle Boyer-Lacoste] est de créer du pluridisciplinaire différent de ce qu’on a l’habitude de voir. Dans sa démarche artistique, elle a envie de travailler avec des urbanistes, des cuisiniers ou des designers de mode, par exemple, et de voir avec eux comment la littérature et la performance peuvent cohabiter et créer un objet différent. »

À la maison de la culture Maisonneuve, le 2 août

Elles : Work in progress + Au revoir Zébu

« Un programme double en danse, avec les chorégraphes Andrea Peña et Claudia Chan Tak. Ce sont deux artistes qui ont une signature différente. Andrea Peña a été dans les débuts de ZH Festival. Elle a une signature très forte, spirituelle, en lien avec la répétition et le dépassement du corps. Catherine Wilson [productrice] a voulu travailler avec elle sur le corps des femmes pour montrer une certaine égalité entre hommes et femmes en danse. Claudia Chan Tak présente pour sa part un travail très autobiographique dans ses chorégraphies. Ce projet est la continuité de certaines créations qu’elle a conçues. C’est aussi tout le rapport de l’identité malgache chinoise à travers le souvenir de ses grands-parents. Le côté scénique et visuel est très important pour Claudia Chan Tak. C’est un projet très prometteur. »

À la maison de la culture Maisonneuve, le 14 août