Je commence par les bonnes nouvelles: c'est vrai que le bien nommé Bistro authentique est plutôt authentique. Pas dans le sens formel du terme, il ne s'agit pas d'un lieu tel qu'on l'imaginerait dans une rue d'un quartier parisien. Les bistros aussi ont évolué et se sont imprégnés des modes et des idées d'ailleurs. Il est authentique parce que ses patrons semblent vouloir bien faire les choses. On le sent.

Mis à jour le 22 juill. 2008
Robert Beauchemin COLLABORATION SPéCIALE

Or, à vrai dire, ce bistro ne se limite pas à la vente de nourriture. Comme le patron aime la verdure, il a ouvert d'abord une jolie boutique de fleurs, puis installé ses tables et ses chaises directement au milieu de plantes tropicales, d'orchidées et de roses, que plusieurs puits de lumière aident à soutenir. Nous aussi nous respirons, d'autant qu'il n'y a ni cuisine ni beaucoup d'espace pour préparer une nourriture convenable.

Dans d'autres lieux, nous aurions eu une crise d'angoisse. Mais ici, et surtout parce que le personnel et le patron sont d'une gentillesse à toute épreuve, nous lâchons prise. Nous les laissons nous recommander ce qu'ils savent faire de mieux: des choses simples et faciles à préparer qui ne nécessitent aucune cuisson. Cela veut dire des sandwichs et des salades bien entendu mais aussi une idée ludique et fort habile : la planche de granit poli, baptisée ici «pierrade». Celle-ci est chauffée par des petits contenants de métal remplis d'un liquide combustible, un peu à la manière des fondues que l'on propose également et dont on nous dit que, malgré la canicule, c'est le plat le plus populaire. Et après ça, on se demande pourquoi on digère mal!

La pierrade est l'occasion de cuisiner soi-même ses aliments, proposés en quatre formules selon le type de protéines et la quantité. Un appétit moyen se contentera d'une assiette à griller composée d'un seul ingrédient, des crevettes par exemple. Nous choisissons la totale: filet de porc mariné à la moutarde, boeuf, deux crevettes asiatiques géantes, deux morceaux de saumon frais, tous servis crus, et quelques légumes d'apparat taillés en dés, destinés sans doute à contrebalancer toutes ce gras animal.

Ce fut un show vertigineux de nous voir griller nos propres aliments, habitués à se faire servir comme des princesses! Autrement, nous avons amorcé ce repas estival avec une assiette d'antipasti composée d'olives marocaines confites, de trois sortes de légumes confits sott'olio (sous l'huile) - poivrons, artichauts et aubergines -, quelques tranches de pancetta taillées fines et un fromage qu'on nous a dit être du parmigiano-reggiano mais qu'en réalité se trouvait être du pecorino romano, autre bête, autre goût. En restauration, la précision et l'information sont primordiales.

Desserts? Oui mais rien d'original, vus et revus mille fois.

En dépit de ces petits «hics», tout était bon, net, un peu comme un ciel sans nuages. Mais légèrement vaporeux!

Bistro L'authentique de Jean de Florette

1285, rue Amherst, 514-461-9793

On y retourne? Oui, quand même. Mais encore?

Prix: un peu trop pour ce que c'est. Plats autour de 30$, salades à 15$, mais c'est fait avec soin. Alors on ne regrette pas malgré le côté un peu étriqué de la carte. Comptez environ 110$ à deux, avec une bouteille de vin.

Faune: ils sont heureux, en pleine forme. Ils sont en couple, en gang, c'est un vrai spectacle!

Décor: fait avec peu, mais joliment confortable avec en prime, une terrasse couverte d'une jolie marquise. Idéale pour l'apéro du reste.

Service: les garçons foncent façon brasserie et ils ont un charme de star hollywoodienne.

Vin: carte d'une simplicité biblique: peu de crus originaux, mais des prix corrects.

+ Manger autour de plantes et de fleurs bien saines, c'est tout de même un gros «plus»!

- Les mets, un peu simplets et trop rapidement pensés.