Des cardiologues montréalais vont dévoiler vendredi matin à Miami, dans le cadre d'un important congrès de médecine vasculaire, un nouveau type de valve cardiaque qui pourrait être utile à des milliers de Québécois.

Mathieu Perreault LA PRESSE

La valve mitrale, testée à l'Institut de cardiologie de Montréal, pourrait être utilisée pour la première fois chez l'humain en 2013, selon Marc Jolicoeur, qui l'a mise au point avec son équipe et des ingénieurs de la société Neovasc, de la Colombie-Britannique. Elle a jusqu'à maintenant été testée sur des cochons et sur des moutons.

«Il y a eu une révolution il y a 10 ans en cardiologie, explique le Dr Jolicoeur. Nous avons pu remplacer par cathéter des valves aortiques. Mais pour l'instant, il est impossible de remplacer de la même manière la valve mitrale, qui se situe à l'intérieur du coeur. Jusqu'à maintenant, les seules prothèses testées avaient un taux de survie qui ne dépassait pas 24 heures chez l'animal. Nous sommes arrivés à 100 jours.»

Environ 10% des gens de 70 ans ont une fuite dans la valve mitrale, selon le Dr Jolicoeur. Mais comme une opération à coeur ouvert est nécessaire pour la remplacer, ce n'est généralement pas fait. Grâce à ce cathéter qui se glisse dans les vaisseaux sanguins jusqu'au coeur, la donne change.

Taux de mortalité

«Une fuite dans la valve mitrale dilate le coeur et cause de l'arythmie, explique le Dr Jolicoeur. Ceux qui en souffrent ont aussi une moins bonne qualité de vie et sont victimes d'essoufflement. Et sur 10 ans, la mortalité augmente de 20% à 30%.» Selon le cardiologue, le tiers des patients qui ont une telle fuite seraient admissibles à recevoir la nouvelle valve.

La valve est née d'une collaboration entre le Dr Jolicoeur et Schmuel Banai, du centre médical de Tel-Aviv, qui est directeur médical de Neovasc. «Quand j'ai fini mon fellowship, j'étais spécialisé en traitement de l'angine réfractaire, dit le Dr Jolicoeur. La société de Schmuel avait une prothèse dans ce domaine et je me suis proposé pour la tester. Quand Neovasc a acheté l'entreprise de Schmuel, j'ai continué à travailler avec eux.» L'idée d'une valve mitrale a initialement été proposée par Neovasc.