Les soins intensifs en fin de vie sont très peu populaires, même chez les patients atteints de cancer en phase terminale. Mais la foi rend ces traitements «héroïques», et permet de supporter la douleur pour étirer la vie le plus possible.

Mathieu Perreault LA PRESSE

Parmi un échantillon de 345 patients bostonnais en fin de vie, un peu plus d'une personne sur 13 acceptait d'être branchée sur un ventilateur durant la dernière semaine de sa vie, et une sur 22 acceptait qu'on tente de la ressusciter. Ces chiffres sont d'autant plus frappants que les patients étaient dans la cinquantaine et la jeune soixantaine.

Les patients qui considéraient que la spiritualité les aide à affronter la maladie étaient trois fois plus susceptibles d'accepter le ventilateur ou la ressuscitation dans la dernière semaine de leur vie, ou encore de mourir dans une salle de soins intensifs. Cette étude d'oncologues de l'Université Harvard suivait les 345 patients atteints du cancer pendant une moyenne de 122 jours, jusqu'à leur mort.

Les chercheurs pensent qu'il s'agit d'une conviction qu'une intervention divine peut changer le cours d'une maladie en apparence incurable. Ils citent des sondages montrant que 57% des Américains souscrivent à cette croyance.

Malheureusement, l'étude ne permet pas de vérifier cette hypothèse. Au départ, 664 patients en phase terminale étaient suivis, mais seulement 385 sont morts dans la période de quatre mois que devait durer l'étude (40 patients décédés ont été exclus de l'étude parce que les données sur les soins en fin de vie n'avaient pas été enregistrés). On ignore si, parmi les 279 patients qui ont survécu plus de quatre mois, il y avait une plus forte proportion de croyants.