Deux grands groupements américains de cancérologues ont estimé mardi que les hommes en bonne santé devraient à partir de 55 ans prendre de la finastéride, un traitement contre l'élargissement de la prostate et la calvitie, pour réduire le risque de cancer de la prostate.

Mis à jour le 25 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

Selon ces nouvelles recommandations, des hommes sains subissant régulièrement un examen de la prostate et n'ayant aucun symptôme de tumeur cancéreuse, «devraient discuter avec leur médecin de la possibilité de prendre un comprimé de finastéride quotidiennement pour essayer d'empécher l'émergence d'un cancer», indiquent les deux groupements dans un communiqué.Il s'agit de l'American Society of Clinical Oncology et de l'American Urological Association.

Ils précisent que des résultats d'une quinzaine d'essais cliniques montrent que la finastéride réduit d'environ 25% le risque relatif de cancer de la prostate chez les hommes qui en prennent régulièrement.

La finastéride neutralise sélectivement l'enzyne 5 alpha-réductase qui catalyse la transformation de testostérone en dihydrotestostérone (DHT).

La DHT est une hormone masculine qu'on suspecte être la principale cause du rétrécissement du follicule des cheveux conduisant à la calvitie.

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent en dehors de celui de la peau parmi les hommes. C'est également la deuxième cause de mortalité par cancer chez les hommes dans le monde avec 254 000 décès annuellement.

«Bien qu'un homme sur six aux États-Unis sera diagnostiqué d'un cancer de la prostate, nous ne recommandons pas que tous sans exception suivent ce traitement préventif», a déclaré le Dr Barnett Kramer, le directeur adjoint pour la prévention des maladie aux Instituts nationaux de la Santé (NIH) et coprésident du groupe d'experts ayant rédigé ces nouvelles recommandations.

«Cependant nous encourageons tous les hommes de commencer à en parler avec leur médecin traitant pour déterminer s'ils peuvent bénéficier de ce traitement pour réduire leur risque de cancer de la prostate», a-t-il ajouté.

La finastéride, ou des médicaments équivalents inhibant sélectivement l'enzyme 5 alpha-réductase, peut parfois provoquer des effets secondaires comme l'impuissance sexuelle et la diminution du désir sexuel.