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Le CUSM pratiquait aussi la «grande première canadienne»

Petite commotion dans le milieu de l'ophtalmologie au Québec hier:... (Photo: Martin Chamberland, archives La Presse)

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Photo: Martin Chamberland, archives La Presse

Petite commotion dans le milieu de l'ophtalmologie au Québec hier: l'implantation de la kératoprothèse Boston, présentée mercredi comme «grande première canadienne» au CHUM, n'en est pas une. Pire: la technique utilisée au CHUM est jugée dépassée par un collègue du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Les ophtalmologistes québécois peineraient-ils à voir ce qui se passe dans leur propre cour? «Il semble que oui», admet le président de l'Association des ophtalmologistes du Québec, le Dr Jean-Daniel Arbour, qui compte 278 membres. «S'ils en font à McGill, on n'en avait jamais entendu parler», dit-il. «Mais habituellement, quand on fait des choses nouvelles, on en parle, on ne voit pas l'intérêt de tenir ça secret», ajoute le médecin, qui pratique aussi au CHUM.

Le Dr Jean Deschênes, ophtalmologiste au CUSM, a redonné la vue à 11 patients depuis un an en utilisant lui aussi la kératoprothèse Boston. «Mais cette kératoprothèse est un modèle parmi tant d'autres, dit le Dr Deschênes. Il y en a de meilleures, dont celle dite de l'Australie.»

Chacune a ses particularités, selon l'ophtalmologiste, mais l'utilisation de kératoprothèses pour guérir la cécité cornéenne ne date pas d'hier. «Il n'y a rien de nouveau, ça se fait un peu partout.»

La kératoprothèse Boston est constituée de petits disques de plastique entre lesquels on glisse la cornée (la fenêtre à la surface de l'oeil qui laisse passer la lumière), qui est fixée avec un anneau de titane, avant de l'implanter sur l'oeil.

La Dre Mona Harissi-Daguer, du CHUM, a expliqué mercredi qu'elle utilisait la cornée d'un donneur pour remplacer celle du patient. Sauf que l'utilisation d'une cornée de donneur est une «vieille technique», réplique le Dr Deschênes. «Ce n'est absolument pas nécessaire, dit-il. On a déjà assez de difficulté à avoir des cornées au Québec, pourquoi prendre une cornée de la banque d'yeux alors qu'on peut simplement prendre la cornée du patient?» Parce que peu importe la cornée utilisée, un minuscule trou doit être percé au centre de la membrane pour y mettre la partie optique de la kératoprothèse.

Le délai d'attente pour obtenir une cornée d'un donneur est de trois à quatre ans. En utilisant la cornée du patient, il n'y en a aucun. Le Dr Deschênes dit qu'il peut opérer un patient qui remplit les conditions requises dans la semaine qui suit la consultation.

Jointe hier en fin de journée, la Dre Daguer a expliqué que les patients qu'elle a vus avaient une cornée trop endommagée pour que l'opération réussisse. «Dans le cas de Michel Jetté (NDLR: l'un des patients présenté aux médias mercredi), sa cornée était trop malade et quasiment perforée.»

Le CHUM a publié un communiqué laconique en fin de journée qui indique qu'il ignorait que le CUSM faisait aussi ce genre d'intervention, qu'il «se réjouit que d'autres spécialistes au pays puissent offrir ce service» et qu'il souhaite que «davantage d'ophtalmologistes puissent procéder au même type de chirurgie dans les prochaines années».




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