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Quand les ados amoureux versent dans la cyberviolence

La violence sous toutes ses formes (physique, psychologique... (Photo Martin Chamberland, Archives La Presse)

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La violence sous toutes ses formes (physique, psychologique ou sexuelle) touche 58 % des adolescents dans des relations amoureuses.

Photo Martin Chamberland, Archives La Presse

Partage de photos sexuelles non désiré, fausses rumeurs propagées sur les réseaux sociaux, chantage affectif, menaces : pas moins de 35 % des ados en couple vivent de la cyberviolence, révèle une étude menée par des chercheurs de l'Université du Québec à Chicoutimi.

Les chiffres ont été obtenus en soumettant des questionnaires à des adolescents de 14 à 18 ans qui avaient vécu une relation amoureuse au cours de la dernière année.

« Les jeunes ne sont souvent même pas conscients de ce qui se passe. Lorsqu'on leur demande s'ils ont déjà été victimes de violence, ils répondent non. Mais lorsqu'on pose des questions spécifiques à savoir si des fausses informations ont été véhiculées à leur sujet ou s'ils sont victimes de dénigrement, le portrait change », explique Jacinthe Dion, professeure de psychologie à l'Université du Québec à Chicoutimi.

La violence sous toutes ses formes (physique, psychologique ou sexuelle) touche quant à elle 58 % des ados lors des relations amoureuses. Les filles en sont plus souvent victimes que les garçons (63 % contre 49 %). Fait à noter, les agresseurs se changent souvent en victimes, et vice versa : 42 % des ados ont à la fois subi et infligé de la violence, contre seulement 10 % qui sont seulement victimes et 7 % qui sont seulement agresseurs.

« On réalise que la violence est vraiment mutuelle. » - Jacinthe Dion, professeure de psychologie à l'Université du Québec à Chicoutimi

La chercheuse a voulu voir si une activité de sensibilisation appelée « Couloir de la violence amoureuse », qui prend la forme d'une installation dans laquelle les ados regardent des vidéos sur le phénomène, permet d'atténuer la violence.

« Nos recherches suggèrent que ce n'est pas suffisant, explique Mme Dion. On pense qu'il faudra aussi former les enseignants et les intervenants pour qu'ils sachent comment intervenir s'ils sont témoins de quelque chose. »

L'INTIMIDATION LIÉE AU POIDS PLUS PRÉSENTE AU SECONDAIRE

Les enfants jugés trop gros (ou trop maigres) par les autres sont les plus susceptibles d'être victimes d'intimidation. Et une recherche montre que le phénomène est beaucoup plus présent au secondaire qu'au primaire.

« Au primaire, les enfants ont tendance à dire : on s'accepte tous et on s'aime tous. Le message voulant qu'il faut accepter tout le monde et qu'il faut avoir de bonnes relations interpersonnelles passe généralement bien. Au secondaire, ce n'est plus la même chose », constate Annie Aimé, professeure en psychologie et en psychoéducation à l'Université du Québec en Outaouais.

Avec l'arrivée de la puberté, les enfants deviennent beaucoup plus conscients de leur image corporelle et de celle des autres. Et ce n'est pas seulement les ados en surpoids qui s'attirent les quolibets. « On a une bonne proportion de jeunes qui se font intimider à cause de leur maigreur, révèle Mme Aimé. C'est particulièrement vrai chez les garçons, chez qui l'idéal à atteindre, au Québec, est d'être grand et costaud. »

Des recherches antérieures ont montré que 90 % des adolescents de 14 à 18 ans ont déjà été témoins d'intimidation liée au poids, contre à peine 15 % au primaire.

La professeure Aimé mène maintenant des entrevues auprès des jeunes pour comprendre leurs perceptions par rapport au poids. Elle note que les jeunes du primaire, qu'ils soient témoins ou victimes d'intimidation, ont beaucoup plus souvent le réflexe d'en parler à des adultes que les adolescents.

« Au secondaire, on veut régler ça entre nous. La figure de l'adulte est beaucoup moins rassurante », constate la chercheuse. Les adultes ont d'ailleurs eux aussi besoin d'être sensibilisés. Les entrevues menées auprès des enseignants ont montré qu'ils n'ont pas tendance à tenir les enfants responsables de leur surpoids... mais qu'ils blâment souvent les parents !

« Si on blâme les parents, ça n'aidera pas l'enfant, laisse tomber la chercheuse. Je pense qu'il va falloir qu'on travaille tout le monde ensemble. »




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