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Rien ne peut prévenir la gueule de bois, concluent des chercheurs

Christine Courcol
Agence France-Presse
Paris

Rien, ni l'artichaut, ni les bananes ou la figue de barbarie, ni même le Vegemite ou l'acide tolfenamique ne permet d'échapper à la gueule de bois après une soirée de fête arrosée, selon une enquête menée par des chercheurs américains.

Bouche sèche, marteau piqueur dans la tête, estomac barbouillé, muscles douloureux, vertiges, déshydratation : la gueule de bois, selon une étude datant de 1998, n'intervient pas en pleine beuverie mais commence quand le taux d'alcool dans le sang entame sa descente. Elle est à son maximum quand le taux est redescendu à zéro.

Rachel Vreeman et Aaron Carroll, de l'École de médecine de l'Université de l'Indiana (États-Unis), ont épluché la littérature médicale pour passer au crible les médecines traditionnelles et les mélanges savants d'herbes diverses, qui seraient supposés traiter ou prévenir cette veisalgie, comme on dit en termes médicaux, à laquelle les femmes sont plus sensibles que les hommes.

Selon leurs résultats, que vient de publier le British Medical Journal, «aucune preuve scientifique n'appuie quelque traitement que ce soit ou n'établit l'efficacité d'une prévention».

Ils précisent que le propranolol, un béta-bloquant, le tropisetron, un anti-nausée, l'acide tolfenamique, un analgésique, le fructose ou le glucose n'ont pas plus d'effet que les compléments alimentaires à base de bourrache, d'artichaut ou de figue de barbarie, non plus que le Vegemite, une pâte à tartiner salée d'Australie qui ressemble au Marmite britannique.

En fouillant sur l'internet, on pourrait ajouter à la longue liste des pseudo-remèdes le jus de cuisson des endives ou le verre de lait, les gouttes de citron dans du café, ou, en prévention, la cuillerée d'huile d'olive pour tapisser l'estomac ou l'argile délayé dans de l'eau... Sans compter la cinquantaine de produits manufacturés relevés par un site spécialisé.

Mais sauf à imaginer un phénomène d'auto-persuasion, rien ne marche.

Déjà une étude de 2005, menée par des chercheurs néerlandais et britanniques sur quatre compléments alimentaires à base notamment de bourrache, d'artichaut et de figue de barbarie et quatre agents médicinaux conventionnels ne faisait apparaître «aucune preuve convaincante» d'un effet remarquable de quelque produit que ce soit.

«Une gueule de bois, c'est un de ces problèmes ou la prévention est plus importante que le traitement», note à ce propos Edzard Ernst, directeur de la recherche de 2005.

Il remarquait aussi le problème éthique posé par ces recherches, dans la mesure où trouver un traitement contre les mauvais effets de l'alcool risquait d'encourager la consommation.

À ce jour, les pseudo-traitements ne sont pas sans risques. Une étude publiée en 2007 souligne ainsi les effets de la racine de Kudzu, ou pueraria locabata, que l'on retrouve dans nombre de produits censés combattre les effets de l'abus d'alcool mais qui, associée à de l'alcool, augmenterait le risque de tumeur.

La seule prévention efficace, notent les chercheurs américains, c'est de consommer de l'alcool avec modération... voire pas du tout.

Pour les buveurs impénitents, les spécialistes notent que les alcools sombres tels que le vin rouge, la tequila ou le whisky, riches en toxines appelées «congénaires», ont plus de chance de provoquer des veisalgies que des alcools clairs comme la vodka, le rhum blanc, le vin blanc ou le gin.




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