C'est un David Saint-Jacques « sidéré » par la beauté de la Terre qui s'est adressé aux médias, ce matin, lors de sa toute première conférence de presse donnée depuis l'espace.

Mis à jour le 10 déc. 2018
PHILIPPE MERCURE LA PRESSE

L'astronaute québécois se trouve dans la Station spatiale internationale depuis une semaine. Il a longuement décrit la beauté de « notre belle bille bleue, gracieuse, qui tourne dans l'espace ».

« Ça donne le goût de revenir sur Terre et de la rendre meilleure », a-t-il lancé. Vêtu d'un polo bleu à l'effigie de l'Agence spatiale canadienne, l'astronaute s'est amusé à faire flotter et tournoyer son micro devant lui.  

« On s'entraîne énormément partout dans le monde, mais il n'y a rien qui nous prépare à l'absence de poids. Je fais toutes les erreurs de débutant, j'essaie de ne pas me cogner partout », a-t-il dit.

Il affirme que le plus difficile a été de convaincre son cerveau d'arrêter de chercher le haut et le bas, un concept qui n'existe plus en apesanteur. « Après une semaine, je suis déjà beaucoup moins confus », a-t-il dit. Même s'il souffre de congestion, il se dit en forme - l'apesanteur amène en effet une redistribution des fluides dans le corps : « c'est comme quand, enfant, on s'accrochait par les pieds, la tête en bas », illustre l'astronaute.

Au moment de sortir de la capsule Soyouz qui l'a conduit jusqu'à la station, le Québécois s'était dit « abasourdi ». Il est revenu sur ce commentaire, en précisant avoir été ébloui par la beauté de son premier lever du soleil et la courbe bleue du contour de la planète Terre.

« Dans la fusée Soyouz, quand on est arrivés en orbite, c'était la nuit. Quand j'ai vu apparaître la courbe de la Terre, la petite ligne bleue de l'horizon, c'était un sentiment incroyable », a confié celui qui en avait rêvé toute sa vie.

Une fois arrivé à la station, il dit avoir vécu un autre moment fort avec l'accueil que lui ont réservé ses collègues. « Rencontrer d'autres êtres humains qui habitent cette station orbitant autour de la Terre depuis des décennies, ça m'a vraiment impressionné ».

L'astronaute a terminé la conférence en s'envolant vers le haut, disparaissant du champ de la caméra, avant de redescendre pour un dernier salut.

Beaucoup de travail

En ce qui concerne leurs premiers défis, l'astronaute québécois et ses collègues ont trois semaines pour apprendre tous les secrets de leur résidence temporaire avant que les précédents occupants ne reviennent sur Terre.

« Il faut absorber le plus possible de leurs connaissances pratiques de la vie à bord, qui se transmettent d'un équipage à l'autre », précise M. Saint-Jacques.

Parmi les autres tâches au programme, les astronautes ont dû récupérer le matériel scientifique d'une capsule SpaceX arrivée dimanche. De nombreuses expériences médicales et d'observation de la Terre sont prévues dans les semaines et mois à venir.

Le médecin de 48 ans s'est s'entraîné plusieurs années en vue de cette mission de six mois.

Il doit réaliser plusieurs expériences scientifiques à bord de la station spatiale. Certaines porteront sur les répercussions physiques de l'apesanteur sur les astronautes, d'autres sur l'offre de soins de santé à distance.

Le dernier Canadien à avoir visité la Station spatiale internationale était Chris Hadfield, qui y a complété une mission de cinq mois en mai 2013.

Pour son séjour en orbite, David Saint-Jacques est accompagné de l'astronaute américaine Anne McClain et du cosmonaute russe Oleg Kononenko.

Ils remplacent l'Américaine Serena Aunon-Chancellor, le Russe Sergueï Prokopïeff et l'Allemand Alexander Gerst, qui doivent revenir sur Terre le 20 décembre.

- Avec La Presse canadienne