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Des satellites pour «démocratiser l'espace» et localiser des objets connectés

Jusque-là réservée aux États ou grosses entreprises, la... (Photo archives NASA)

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Jusque-là réservée aux États ou grosses entreprises, la collecte de données via satellite pourra demain être accessible aux particuliers, via de petites entreprises-relais.

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Charlotte DURAND
Agence France-Presse
Toulouse

Suivre en direct des troupeaux d'animaux en danger ou son voilier connecté à travers toute la planète ? Ça sera possible dans un futur proche grâce à la constellation de nanosatellites Kinéis, lancée en 2021 par des acteurs du « NewSpace » français, ce mouvement qui entend démocratiser l'accès à l'espace.

« En 2021, nous lancerons la constellation de nanosatellites Kinéis, qui pourra assurer le suivi de 2 millions d'objets connectés partout sur le globe d'ici dix ans », a expliqué à l'AFP Christophe Vassal, président du directoire de CLS (Collecte Localisation Satellites).

La constellation sera composée de 20 satellites défilant à basse altitude qui, divisés en groupe de 4, couvriront la Terre selon 5 plans d'orbite différents passant par les pôles.

Ils pourront être envoyés dans l'espace en seulement deux lancements. Car chaque nanosatellite ne mesurera que 20 x 20 x 40 cm - « grosso modo, la taille de 16 rubik's cubes », selon M.Vassal -, pour seulement 25 kg.

Le but ? « Chaque objet équipé d'un modem Kinéis pourra être localisé et transmettre des données où qu'il se trouve, quelles que soient les conditions », détaille Alexandre Tisserant, directeur du projet.

Alors que le nombre d'objets connectés a déjà dépassé celui d'êtres humains depuis 2008, Kinéis entend surfer sur « la révolution IoT » (Internet of Things ou objets connectés), proclame un communiqué transmis lundi.

Pour cela, le projet s'appuiera sur l'héritage de la technologie Argos, mise en place depuis 40 ans par le CLS et sa maison-mère le CNES (Centre National d'Études Spatiales).

Argos suit déjà la migration des animaux ou l'évolution de petits instruments scientifiques, via de minuscules émetteurs à faible consommation d'énergie (une petite batterie ou un panneau solaire leur permet de tenir des mois).

Tant par sa fréquence de collecte (tous les quarts d'heure contre toutes les 4h pour Argos), que par ses débouchés et sa vocation, Kinéis représentera cependant un projet « inédit », selon M. Vassal.

« Démocratiser l'espace »

Car le projet s'inscrit dans le développement du « NewSpace » français, cette nouvelle tendance qui cherche à « démocratiser l'espace », alors que pour l'instant « 90 % de la surface du globe est non connectée, ou connectée à des coûts prohibitifs ».

« Le NewSpace, c'est envoyer des satellites de taille réduite à petit coût, qui permettent de faire beaucoup plus de choses qu'avec des satellites classiques très chers », expose Christophe Vassal.

Jusque-là réservée aux États ou grosses entreprises, la collecte de données via satellite pourra demain être accessible aux particuliers, via de petites entreprises-relais.

Les applications sont diverses : suivre les troupeaux de bétail, transmettre les données d'un bateau amarré pour vérifier qu'il n'y a pas d'eau infiltrée ou encore tracer son voilier sur toutes les mers du globe.

« En ce moment se développe une sorte d'Airbnb du bateau », détaille M.Vassal, « les propriétaires qui mettent leur voilier à disposition via ces plateformes aimeraient avoir un suivi ».

L'entreprise se positionne avec une offre « en entrée de gamme » : utiliser Kinéis coûtera de « quelques euros à quelques dizaines d'euros par an, en fonction du besoin ».

D'autres projets de constellation entendent eux aussi démocratiser l'espace et couvrir 100 % du globe : c'est le cas des 650 satellites de OneWeb, chargés de fournir d'ici 2022 un accès mondial à Internet haut débit pour tous les particuliers.

La constellation Kinéis sera gérée par une nouvelle société du même nom, filiale de CLS, annonce le communiqué. Le développement des nanosatellites sera confié à la firme franco-italienne Thales Alenia Space, ainsi qu'aux français Nexeya et Syrlinks.

« On espère être rejoints par des partenaires européens ou américains dans les prochaines semaines », ajoute M. Vassal, « aussi bien pour s'associer au financement que proposer des utilisations dans leur pays ».

Car le projet a encore besoin d'argent : son coût total est estimé entre 110 et 130 millions d'euros. Kinéis espère lever 100 millions d'ici la fin de l'année.




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