Les deux premiers astronautes américains à avoir fait le tour de la Terre, John Glenn et Scott Carpenter, ont déploré vendredi le reflux des ambitions spatiales de leur pays, 50 ans après les premiers vols orbitaux effectués par la Nasa.

Lors d'une téléconférence de presse donnée depuis le Centre spatial Kennedy à Cap Canaveral (Floride), les deux héros de l'espace ont regretté que les astronautes américains dépendent désormais des vaisseaux russes Soyouz pour être acheminés vers la Station spatiale internationale (ISS).

Depuis la mise au rencart des navettes spatiales en juillet dernier, «nous n'avons plus de système de transport pour rejoindre notre station spatiale. Nous devons passer des contrats avec les Russes, aussi étrange que cela puisse paraître pour la grande nation spatiale du monde», a déclaré John Glenn, qui, en pleine guerre froide, avait fait trois fois le tour de la Terre à bord de sa capsule Friendship 7 le 20 février 1962.

«Je trouve que c'est dommage. J'espère que les efforts visant à recréer notre propre système de transport vont aboutir», a déclaré l'ancien astronaute, très alerte malgré ses 90 ans.

Scott Carpenter, qui avait été le deuxième Américain à voyager en orbite le 24 mai 1962, a estimé que la baisse des fonds attribués par l'État fédéral à la Nasa était le signe que les États-Unis avaient «perdu leur détermination».

«Quand John et moi travaillions pour le pays avec la Nasa, les États-Unis étaient considérés comme une nation où tout était possible», a estimé M. Carpenter. «Nous sommes devenus un pays où rien n'est possible et je le déplore».

Près d'un an après le premier vol orbital de Youri Gagarine, 12 avril 1961, le vol de John Glenn avait redonné espoir aux États-Unis de reprendre le terrain perdu sur l'Union soviétique. L'avance américaine se concrétisera en 1969 avec le premier vol habité sur la lune.