Les recherches sur l'accélérateur de particules le plus puissant au monde, remis récemment en service, progressent bien depuis les premières collisions de particules élémentaires destinées à percer les secrets de l'univers, a indiqué lundi le Cern.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous faisons des progrès» constants, a expliqué à l'AFP un porte-parole du Centre européen de recherche nucléaire, qui exploite le Grand Collisionneur de Hadrons (LHC) à la frontière franco-suisse.

Les chercheurs du Cern ont poussé en mars des collisions de protons à une puissance de 7 téraélectronvolts, soit trois fois et demie supérieure à ce que réalise le plus grand détecteur américain, le Tevatron au Fermilab de Chicago.

Depuis, les collisions sont de plus en plus nombreuses et fortes en intensité.

Désormais, «le Cern ne fait que battre ses propres records», a poursuivi le porte-parole, James Gillies.

«Nous avons fait de bons tours ce week-end et avons obtenu le double de données par rapport au moment où nous avons commencé», a-t-il ajouté.

La «luminosité» des faisceaux -- qui mesure l'intensité et la fréquence des collisions -- a atteint 10 puissance 29 contre 10 puissance 27 il y a trois mois, a encore souligné M. Gillies, précisant que le Cern prévoyait de passer à 10 puissance 30 cette semaine puis 34 à terme.

Malgré ces records constants, «nous avons encore du chemin à faire», a insisté le porte-parole.

L'anneau de 27 km de circonférence, situé à 100 mètres sous terre de part et d'autre de la frontière franco-suisse, qui a coûté 3,9 milliards d'euros, doit selon les physiciens ouvrir une «ère nouvelle» et permettre de mieux comprendre la formation de l'univers en recréant les conditions immédiates de l'après Big Bang.

Les experts espèrent notamment trouver grâce au LHC un des chaînons manquant de la structure fondamentale de la matière qui confère leur masse aux autres particules, le fameux boson de Higgs.

Mais il faudra du temps avant de pouvoir analyser toutes les données produits par l'instrument physique le plus précis au monde, a prévenu le Cern à de nombreuses reprises.