L’information en temps réel et la popularité des médias sociaux ont-ils occasionné une transformation profonde du métier de journaliste? Katia Gagnon, Isabelle Hachey, Hugo Dumas et François Cardinal partagent leur point de vue sur la façon dont ils ont vécu les changements apportés par les nouvelles technologies.

LA PRESSE

La Presse : De quelle façon votre travail a-t-il évolué au cours des dernières années?

Katia Gagnon : C’est un autre monde. La vitesse s’est accélérée. Les médias sociaux ont provoqué une atmosphère de confrontation perpétuelle entre différentes idées. La chose qui a le plus évolué dans ma carrière, c’est la place qu’on fait à l’opinion de tout un chacun alors que ce dont notre société a besoin plus que jamais, ce sont des reportages basés sur des faits vérifiés.

Les gens auraient tout un choc de voir leur fil Facebook sans les articles de médias crédibles et reconnus. Les réseaux sociaux s’abreuvent à la fois de nos contenus et de nos revenus.

Isabelle Hachey : Les fausses nouvelles sont aussi un phénomène très préoccupant. Il est de plus en plus difficile de faire la part des choses. J’ai fait un reportage au Sri Lanka où des émeutes ont été provoquées par de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux.

François Cardinal : Par contre, on a accès aux acteurs de l’actualité beaucoup plus facilement. Donc, le potentiel pour un journalisme plus approfondi et rigoureux est là. Mais je dois l’avouer, personnellement, je n’alimente plus mes comptes Facebook et Twitter depuis mars dernier. J’ai fini par conclure qu’il y avait un déséquilibre entre l’énergie déployée pour répondre à toute la haine qu’on retrouve sur les réseaux et le gain net qu’ils apportent.

Isabelle Hachey : Rapporter des nouvelles bien appuyées sur des faits, faire valoir les deux côtés de la médaille, faire du journalisme de terrain en offrant une information crédible, on accroît notre pertinence.

Hugo Dumas : Ce qui ne change pas, c’est la base de notre métier, c’est-à-dire raconter des histoires, sortir des scoops, expliquer à nos lecteurs ce qui se passe réellement. La Presse n’a jamais eu autant de lecteurs et nos articles n’ont jamais été aussi partagés. Il y a un appétit pour du contenu de qualité.

Le journalisme de qualité est au cœur de la mission de La Presse. Nous comptons entre autres sur les contributions des lecteurs pour nous soutenir. Nous avons bon espoir d’atteindre, à terme, notre grand objectif de 5 000 000 $ par année, soit 42 000 lecteurs qui versent de façon récurrente 10 $ par mois.

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