Chaque semaine, les journalistes et les chroniqueurs de La Presse se dévoilent et nous racontent les dessous de leur métier. Cette semaine, Katia Gagnon, chef de l’équipe d’enquête, nous parle de ce qui distingue son groupe des autres équipes de la salle de rédaction.

LA PRESSE

La Presse : Quelles sont les qualités d’un bon journaliste d’enquête?

Katia Gagnon : De la détermination et de la patience. Souvent, les résultats tardent à venir. Il faut être résilient. Face à une succession d’obstacles, il faut persévérer. Il faut aussi être capable de convaincre des gens de parler, même s’ils se mettent parfois à risque.

LP : Qu’est-ce qui distingue le journalisme d’enquête des autres formes de journalisme?

KG : Ce dont on a besoin, c’est du temps! De façon générale, en journalisme, le temps est une denrée rare, car il faut livrer les reportages rapidement; alors qu’à l’enquête, on travaille sur des projets qui s’échelonnent sur plusieurs semaines et même plusieurs mois. Par exemple, l’enquête sur les erreurs médicales publiée en septembre dernier a nécessité près de 8 huit mois de boulot. Bien qu’on planche sur plusieurs projets simultanément, on prend le temps de creuser certains sujets de façon beaucoup plus détaillée. Nous devons souvent aller sur le terrain et parfois même faire de l’infiltration.

LP : Votre équipe est-elle adepte du journalisme immersif?

KG : Il arrive qu’on se fasse passer pour quelqu’un d’autre. C’est une formule que l’on n’utilise pas souvent parce qu’on n’aime pas nécessairement mentir quand on est journaliste (rire). Il y a moyen de faire du journalisme immersif tout en déclarant ouvertement ses intentions. Cela nécessite plusieurs rencontres qui précèdent le reportage. Les milieux qui font l’objet d’une enquête sont souvent assez fermés alors il faut apprendre à s’apprivoiser mutuellement. La première journée, tout le monde est sur ses gardes; avec le temps, on nous oublie et l'on se transporte aux premières loges d’un environnement peu accessible aux communs des mortels.

Le reportage sur les criminels internés à l’institut Pinel en est un bon exemple. On découvre des choses ahurissantes qui, pour les intervenants, font partie de leur quotidien. C’est ce regard neuf qui fait toute la richesse d’une enquête.

Le journalisme de qualité est au cœur de la mission de La Presse. Nous comptons entre autres sur les contributions des lecteurs pour nous soutenir. Nous avons bon espoir d’atteindre, à terme, notre grand objectif de 5 000 000 $ par année, soit 42 000 lecteurs qui versent de façon récurrente 10 $ par mois.

Pour en savoir davantage sur notre vision d’un modèle d’affaires adapté aux nouvelles réalités du marché ou pour soutenir La Presse, visitez jesoutiens.lapresse.ca.