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François Rebello, le mouton noir de la CAQ

François Legault (derrière) et François Rebello.... (Photothèque Le Soleil)

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François Legault (derrière) et François Rebello.

Photothèque Le Soleil

Christian Gagnon

(Montréal) Jadis au Québec, les familles s'enorgueillissaient de compter en leur sein un fils ou une fille ayant « prononcé ses voeux », c'est-à-dire ayant décidé de consacrer sa vie à Dieu en entrant au couvent ou au monastère. Cette abnégation incluait évidemment le voeu de chasteté, une promesse qui n'était pas toujours facile à tenir.
Lorsque François Rebello a décidé de se joindre à la Coalition avenir Québec de son bien-aimé François Legault, avait-il conscience de ce que son adoré renonciataire allait exiger de lui?

Le jour-même où il a retourné sa veste, François a mis François dans l'embarras en affirmant que sous la diligente gouverne de son nouveau chef, la porte de la souveraineté demeurerait ouverte, et même qu'à long terme, un gouvernement caquiste rapprocherait le Québec de cet objectif. Adieu, électeurs fédéralistes! Le mentor aura sans doute rabroué sa recrue en coulisses puisque deux jours plus tard. M. Rebello a corrigé le tir en disant que M. Legault ne ferait jamais la souveraineté car ce n'était pas le but de la CAQ.

Et Mario Bertrand, ex-directeur de cabinet de Robert Bourassa devenu conseiller de François Legault, a administré un camouflet au transfuge en estimant que François Rebello avait commis «une erreur de parcours» qui «aurait mérité un certain cadrage».

Une semaine de discussions en caucus à ce sujet n'ont pas semblé avoir apaisé les collègues de M. Rebello. Le 20 février, l'ex-adéquiste Sylvie Roy a senti le besoin d'y revenir publiquement en se disant « pas d'accord avec lui ». Et son collègue Janvier Grondin a grondé le petit nouveau en disant que si lui s'était joint à la CAQ, c'était parce qu'il était persuadé que le nouveau parti ne parlerait pas de souveraineté.

La toute dernière rebuffade n'est pas la moindre. Le 21 février, M. Grondin a exposé au grand jour son exaspération devant les couacs de son cher collègue sur le protocole de Kyoto et la réduction du nombre de voitures par famille. Le bouillant Beauceron a carrément invité M. Rebello à se taire. Trop gauchiste pour être caquiste, ce Rebello? Essayant de nous faire croire que les ennuis du député de La Prairie venaient de l'extérieur de la CAQ, François Legault a pris la défense de son poulain en déclarant, « depuis le début, il y a acharnement. On ne reconnaît pas le fait que M. Rebello, qui était souverainiste, puisse se retrouver dans un parti qui est nationaliste. » On aura noté que c'est au passé que M. Legault a conjugué les allégeances souverainistes de M. Rebello. Et voilà qu'il faut considérer François Rebello comme un «nationaliste» de la même eau qu'un fédéraliste inconditionnel comme Gérard Deltell.

« Moindre mon espoir, plus grand mon amour », écrivait Térence. L'orgueilleux Rebello tolérera-t-il longtemps cette abstinence toute monastique? Si oui, il faudra en conclure que l'ambition transporte davantage les montagnes que la foi.




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