Je ne suis pas du tout d'accord avec vos propos et je crois que votre passé de policier affecte votre objectivité sur le sujet traité.

Publié le 11 janv. 2012
Pierre Lynch

L'auteur réagit à l'opinion de Michel Oligny intitulée «Force excessive justifiée», publiée mardi dernier.

La perte de vie inutile est inacceptable dans une société aussi évoluée que la nôtre, quel que soit le statut de l'individu en question. Les sans-abri font partie de la couche la plus vulnérable de notre société. S'attaquer aux plus démunis sans égard aux conséquences démontre un manque total de respect et de savoir vivre.

Au cours des dernières années, on a trop souvent banalisé la mort d'un sans-abri aux mains des policiers. Trop, c'est trop!

Je mets en doute le jugement des policiers dans ces situations; on utilise à outrance le fait que la vie des policiers était en danger pour motiver la justesse de ces actes. Malheureusement, malgré toute leur formation académique et technique, on n'a pas réussi à former le bon jugement chez nos policiers. Les policiers continuent à exercer leur métier en appliquant bêtement les lois et règlements et en suivant leurs procédures établies sans même s'arrêter pour juger si ce qu'ils sont en train d'accomplir est socialement acceptable ou non.

Lorsqu'on choisit un métier comme celui de policier, on doit accepter les risques du métier. La violence, l'insécurité et le danger font partie de ces risques. Le salaire et les bénéfices marginaux des policiers au Canada compensent très adéquatement les risques du métier. D'ailleurs, en tenant compte de la scolarité requise, des risques encourus ainsi que des responsabilités assumées, les policiers font partie des travailleurs les mieux payés de notre société. Par conséquent, ils doivent se comporter de façon professionnelle et digne du statut que la société leur confère.

Avec toutes les armes et outils en leur possession, les policiers ont en leur possession assez d'armes dissuasives pour arrêter ou freiner tout individu posant un danger pour eux ou la société. Au lieu d'isoler un individu et attendre de l'aide ou bien tenter de raisonner avec lui, ils ont recours à leur instinct primaire, soit d'utiliser leur arme à feu et ce même dans des circonstances où ils pourraient blesser des passants. Les policiers sont supposés maîtriser l'art de tirer une arme à feu! Alors pourquoi ne pas tirer dans les jambes de l'individu en question!

Encore une fois, un manque flagrant de jugement. Leur métier les amène à faire face au danger; malheureusement, une très petite minorité est en mesure de contrôleur leur peur et de faire face à l'adversité.

Les actions de ce policier doivent être évaluées afin d'en déterminer la justesse. Cette revue s'effectue par d'autres membres des forces policières et plus souvent qu'autrement, l'évaluation des faits est totalement subjective et le policier en question s'en tire sans sanction. Cela n'est pas juste et ce processus devra lui aussi être modifié pour en assurer l'objectivité.

Si les policiers ne sont pas en mesure de démontrer du jugement dans le cadre de l'exercice de leurs fonctions, ils ne devraient pas être embauchés comme policiers. Si ces derniers ne sont pas en mesure d'intervenir dans des situations sans toujours avoir recours à leur arme à feu, alors ils ne devraient pas avoir d'arme à feu.

En ce qui me concerne, je n'ai aucun respect envers des policiers qui manquent de courage dans des situations tendues, ne démontrent pas de professionnalisme au travail et manquent carrément de jugement dans l'exercice de leurs fonctions.

Abattre un individu sans défense est inacceptable même lorsqu'il est accompli par un policier. Je ne suis pas d'accord que mes taxes servent à payer de tels individus.

La vie est sacrée! Il ne faut pas la gâcher avec des gestes irréfléchis.