Il se dit encore beaucoup de faussetés dans le dossier du Parc olympique. D'abord, les cas de Sydney et Barcelone sont l'exception plutôt que la règle dans l'orgie de dépenses titanesques (comme dans Titanic) que l'on voit à chacun des jeux. La plupart des Jeux se terminent par des déficits monstres et des installations qui ne servent que très peu après les compétitions, tant elles sont démesurées. Montréal ne fait pas exception.

Denis Giguère, Montréal LA PRESSE

Il se dit encore beaucoup de faussetés dans le dossier du Parc olympique. D'abord, les cas de Sydney et Barcelone sont l'exception plutôt que la règle dans l'orgie de dépenses titanesques (comme dans Titanic) que l'on voit à chacun des jeux. La plupart des Jeux se terminent par des déficits monstres et des installations qui ne servent que très peu après les compétitions, tant elles sont démesurées. Montréal ne fait pas exception.

Ensuite, la comparaison avec Barcelone, qui revient si souvent, est tout à fait fallacieuse. Dans son cas, la ville catalane avait déjà un stade de plus de 50 000 places qu'il a suffi de rénover pour les jeux, éliminant ainsi une des dépenses principales de l'organisation physique de l'événement.

Comme dans le cas de tous les autres stades olympiques, celui de Barcelone qu'on avait rénové dans le but de s'en servir comme stade de football après les jeux, a été abandonné par l'équipe locale qui s'en est construit un autre. Le parc qui entoure les installations olympiques est magnifique, mais complètement désert et boudé par la population. Pour l'avoir visité en pleine saison touristique, je sais de quoi je parle. Alors que la ville et ses alentours grouillent de monde, le Parque Olympico est une oasis de silence. Quand j'ai visité Barcelone en 2007, les journaux locaux se demandaient quoi faire avec les ruines olympiques qui coûtent une fortune à entretenir.

On aime bien détester nos installations olympiques et se dire qu'au Québec, on s'est fait avoir avec un citron de stade; mais nos jeux ont été un succès. On peut comparer avec Atlanta où les Olympiques ont été un vrai fiasco, autant les installations que les Jeux eux-mêmes. Très récemment, les JO de Vancouver, qui utilisaient pourtant beaucoup d'installations existantes, avaient été promis comme étant rentables avec un budget initial de 750 millions de dollars. Les Jeux ont coûté trois fois plus et ils ont failli ne pas avoir de village olympique. Ce dernier a coûté plus de 1 milliard à lui seul.

Je n'ai donc pas honte du soi-disant fiasco olympique de Montréal, car le problème avec les installations olympiques partout dans le monde, ce sont les Jeux en tant que tels avec leurs exigences gargantuesques en termes d'installations, de logistique et de sécurité. En plus d'être soumis à un échéancier très court et trop fixe dans le temps pour un projet d'une telle ampleur.

Ceci étant dit, j'aimerais bien qu'on réaménage les alentours du Stade en parc, car ce bunker bétonné est une horreur repoussante et inhospitalière. Pour ce qui est du toit actuel, il ne s'est jamais fendu après janvier 1999 et je ne vois pas pourquoi la RIO s'obstine à interdire l'accès au stade en hiver. Il faut un toit à ce stade, mais le toit mobile est un cauchemar d'ingénierie auquel je doute qu'il existe une solution valable. Il faut donc un toit fixe, malheureusement. Si ça ne coûtait pas si cher, je le démolirais et je recommencerais.

Et mon conseil aux villes qui veulent organiser des jeux: prenez 4 milliards et construisez-vous un bon système de métro. Le stade, quant à lui, on finira par l'aimer comme les Parisiens ont pris 60 ans pour tomber amoureux de la tour Eiffel.