Le livre a sa propre histoire. Une histoire qui, comme celle des peuples ou des humains, doit être racontée de temps en temps. C'est une histoire pleine de rebondissements, aux intrigues multiples et où, comme dans un bon roman, rien n'est prévisible, tout est possible. Le livre est tantôt du côté des bons, tantôt du côté des méchants. Il gagne ici. Il perd là. Mais toujours il fascine.

Patrice Martin, Gatineau CYBERPRESSE

Le livre a sa propre histoire. Une histoire qui, comme celle des peuples ou des humains, doit être racontée de temps en temps. C'est une histoire pleine de rebondissements, aux intrigues multiples et où, comme dans un bon roman, rien n'est prévisible, tout est possible. Le livre est tantôt du côté des bons, tantôt du côté des méchants. Il gagne ici. Il perd là. Mais toujours il fascine.

On a beau craindre les bidules électroniques, le livre en a vu d'autres. Il a su résister aux inquisitions, aux dictatures, aux guerres. Il a ouvert les esprits tout comme il en a conduit à verser dans la barbarie. S'il a louangé le pouvoir en place, il s'est habituellement trouvé du côté de la remise en cause de l'ordre établi. Le livre a été un fantastique véhicule de changement social. Il a eu un réel impact sur la vie. Une des plus belles métaphores de la force réelle du livre est sans doute celle inventée par Umberto Eco, dans Le Nom de la rose: le livre qui tue.

Le livre a été tout et son contraire. Il a été saint et diabolique. Il a chanté les louanges du passé et a porté aux nues les vertus de la modernité. Il a été nomade et sédentaire. Il a parfois dû quitter une ville ou un pays pendant quelque temps, histoire de revenir plus tard. On l'imagine, caché sous un manteau, sous le couvert d'une nuit terrible, éviter le bûcher où se consument des milliers de ses congénères.

Puis on le voit, sous un papier aux vives couleurs, allumer le regard d'un enfant le jour de son anniversaire...

Dans une société où tout va vite et où l'on se permet de plus en plus de s'accaparer sans vergogne les mots des autres, les deux idées au coeur de cette Journée du livre (l'importance du livre et le respect du travail des créateurs) doivent plus que jamais être défendues. L'une ne va pas sans l'autre: sans l'apport des créateurs, il n'y a pas de livres.

Le livre, c'est la lenteur. La profondeur. La nuance. On y va à son rythme et, au hasard d'une phrase, on se retrouve tout à coup ailleurs. Souvent, dans un autre livre, mais aussi dans un autre lieu ou avec quelqu'un que l'on ne connaît pas et que l'on ne rencontrera jamais.

Le livre nous fait sortir de nous-mêmes, nous aide à comprendre d'autres perspectives. Il nous invite à visiter d'autres univers alors que tant de distractions modernes n'ont de cesse de nous convaincre d'une seule et unique chose: notre réalité est notre seul univers.

En cette Journée mondiale du livre et du droit d'auteur, prenons le temps de redécouvrir (et de faire découvrir) ce qui est sans doute une des plus grandes inventions du génie humain: un bon livre.