Dans le déferlement de romans de l’automne, difficile de faire un choix. Ces huit titres sont des valeurs sûres. À offrir… ou à garder pour soi.

Publié le 9 déc. 2021
Nathalie Collard
Nathalie Collard La Presse

Une journée extraordinaire

C’est l’histoire d’une journée de mariage qui oscille entre le burlesque et la tragédie. C’est l’histoire d’une vie complexe marquée par l’immigration, l’héritage familial, l’amitié, l’amour, l’anxiété. Une vie faite des petites misères du quotidien et des grandes illuminations de la vie. C’est un roman absolument formidable que nous offre Alain Farah, avec l’oratoire Saint-Joseph comme décor, et des personnages tout croches et attachants qu’on ne voudrait plus jamais quitter.

Mille secrets mille dangers, Alain Farah, Le Quartanier, 498 pages.

Affinités électives

PHOTO FOURNIE PAR L’ÉDITEUR

La définition du bonheur

Il faut un certain courage pour écrire un roman sur l’amitié féminine peu de temps après le succès planétaire d’Elena Ferrante. Pari relevé avec brio par Catherine Cusset dans ce roman, sans doute son meilleur, qui raconte une amitié sur une période de 40 ans. Clarisse et Ève ont des parcours de vie différents, mais sont aux prises avec des questionnements qui touchent toutes les femmes : aimer, élever des enfants, vieillir, être heureuse… Magnifique.

La définition du bonheur, Catherine Cusset, Gallimard, 352 pages.

L’actualité à la sauce Penny

PHOTO FOURNIE PAR L’ÉDITEUR

La folie des foules

Alors qu’il doit assurer la sécurité d’une professeure invitée à prononcer un discours à l’université de sa région, l’inspecteur Armand Gamache se frotte à tous les écueils de notre époque : propos haineux, liberté d’expression, folie des réseaux sociaux, censure. Louise Penny est une ancienne journaliste. Dans ce roman, elle plonge à fond dans les débats qui animent l’actualité, avec en toile de fond, c’était inévitable, une fin de pandémie qui a laissé des traces.

La folie des foules, Louise Penny, traduit de l’anglais (Canada) par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Flammarion Québec, 520 pages.

Chacun cherche son chat

PHOTO FOURNIE PAR L’ÉDITEUR

L’homme aux chats

C’est le troisième roman de Michèle Ouimet, mais sa première incursion dans le monde du polar. Le moins qu’on puisse dire, c’est que son univers est terrifiant. Sur la trace d’un psychopathe, on croise les cadavres des femmes qu’il a assassinées, un enquêteur hyper sensible et des journalistes pour le moins colorés. Car on a aussi droit aux coulisses d’une salle de rédaction que l’auteure connaît comme le fond de sa poche. À lire les lumières allumées.

L’homme aux chats, Michèle Ouimet, Boréal, 256 pages.

L’amour qui libère

PHOTO FOURNIE PAR L’ÉDITEUR

Madame Hayat

Comme bien des intellectuels, l’auteur a été emprisonné dans la foulée de la tentative de coup d’État en Turquie, en 2016. Il y a passé plus de quatre ans durant lesquelles il a écrit cette histoire tout en délicatesse, celle de l’« éducation sentimentale » d’un jeune homme amoureux d’une femme plus vieille. Une histoire qui se lit à plusieurs niveaux, car l’auteur y parle aussi de son pays qu’il ne reconnaît plus. Émouvant.

Madame Hayat, Ahmet Altan, traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes, Actes Sud, 267 pages.

Si les pierres pouvaient parler

PHOTO FOURNIE PAR L’ÉDITEUR

S’adapter

La naissance d’un enfant lourdement handicapé est l’équivalent d’une bombe nucléaire dans une famille : chacun doit trouver sa place dans un nouvel équilibre où les rôles traditionnels bougent forcément. On devient la grande sœur de son grand frère, le parent de son petit frère… Racontée du point de vue de la fratrie, cette histoire sensible parle de différence, d’amour fraternel, de vulnérabilité et de solidarité. Un prix Femina amplement mérité.

S’adapter, Clara Dupont-Monod, Stock, 200 pages.

L’union fait la force

PHOTO FOURNIE PAR L’ÉDITEUR

Tiohtiá:ke

On ne remerciera jamais assez Michel Jean de nous aider à comprendre de l’intérieur la dure réalité des autochtones en situation d’itinérance au centre-ville de Montréal. Ils se regroupent au square Cabot, recréant l’esprit de la communauté qu’ils ont quittée, parfois contre leur gré. Héritier d’un cycle familial de violence et d’alcoolisme, Élie Mestenapeo a passé 10 ans en prison pour avoir tué son père. Dans les rues de la métropole, il se reconstruira, une rencontre à la fois.

Tiohtiá:ke, Michel Jean, Libre expression, 224 pages.

Il m’aime un peu, beaucoup… pas du tout ?

PHOTO FOURNIE PAR L’ÉDITEUR

Mon mari

Dans ce premier roman, l’auteure, qui anime aussi une balado sur l’amour, raconte l’histoire d’une femme amoureuse comme au premier jour après 15 ans de mariage. De l’extérieur, sa vie semble parfaite : un beau couple, de beaux enfants. Mais voilà, cette femme angoissée qui aspire à devenir la femme parfaite a un doute. Et si son mari ne l’aimait plus ? Une idée qui vire à l’obsession. Mais surtout, une façon absolument originale de parler des névroses du couple.

Mon mari, Maud Ventura, Iconoclaste, 364 pages.