L'utilisation de la fibre de verre pour la réalisation de toits plats offre un avantage indéniable; c'est le seul matériau d'étanchéité ayant une grande résistance à l'usure. Une membrane de fibre de verre ne nécessite pas de pontage de bois ni aucun entretien pour au moins 25 ans. Compte tenu de l'intérêt grandissant des Montréalais pour la construction de toits-terrasses, c'est une approche séduisante mais qui demeure encore expérimentale.

Yves Perrier (collaboration spéciale) LA PRESSE

L'utilisation de la fibre de verre pour la réalisation de toits plats offre un avantage indéniable; c'est le seul matériau d'étanchéité ayant une grande résistance à l'usure. Une membrane de fibre de verre ne nécessite pas de pontage de bois ni aucun entretien pour au moins 25 ans. Compte tenu de l'intérêt grandissant des Montréalais pour la construction de toits-terrasses, c'est une approche séduisante mais qui demeure encore expérimentale.

 La préparation du support

 Une membrane de fibre de verre est un matériau relativement dur et cassant qui supporte mal le mouvement des joints et les arêtes tranchantes. Il faut donc s'assurer que la structure du toit de l'immeuble est forte et stable, car un léger affaissement pourrait provoquer des fissures. On doit enlever la vieille membrane d'asphalte et gravier de la toiture pour partir des planches de bois formant un support ferme. On visse sur les planches un contreplaqué de 5/8 de pouce (15 mm) de sapin Douglas (BC Fir) ainsi que sur tous les murets verticaux autour du toit. Toutes les sorties mécaniques, comme les aérateurs d'entretoits, les évents de plomberie ou les puits de lumière doivent aussi être entourés du même contreplaqué vissé. Finalement, il faut sabler tous les joints des panneaux mis bout à bout et meuler tous les côtés des contreplaqués pour arrondir les angles qui recevront la fibre de verre.

 Le choix du contreplaqué de BC Fir n'est pas optionnel. Les contreplaqués communs d'épinette ne sont pas assez stables à l'humidité et à la chaleur. Les joints pourraient s'écraser lors de la dilatation du bois et ensuite fissurer par temps froid. Après la pose et le sablage du contreplaqué, une pâte de fibre de verre recouvre les joints pour combler tous les trous et aspérités.

 La pose de la fibre de verre

 La pose de la fibre de verre se fait en plusieurs étapes. On étend d'abord la fibre de verre sur le toit pour lui enlever un peu de sa résilience. Elle a tendance à reprendre sa forme de rouleau. On commence le travail par les surfaces verticales. On pose une première couche de résine au rouleau directement sur le contreplaqué. On place ensuite la fibre de verre dans la résine en l'écrasant à l'aide d'un rouleau très ferme pour la faire pénétrer dans la résine. Le travail doit se faire en petites surfaces, car la résine durcit rapidement. Une deuxième couche de résine est ensuite roulée sur la fibre de verre. Ces étapes sont ensuite reproduites pour la surface horizontale du toit.

La fibre de verre utilisée doit être plus résistante pour le toit que pour les murets. On utilise généralement une fibre de 1,5 once pour les parties verticales et une de 2 onces pour le toit. En tout, l'épaisseur de la couche de fibre de verre fait environ 3/16 de pouce (5 mm).

 La finition

 À partir de la deuxième couche de résine, le toit est étanche et résistant. La fibre de verre reçoit ensuite une couche de finition au rouleau (gel coat) qui lui donne sa couleur, sa texture et ses pigments. De manière générale, il est recommandé de laisser un fini sablé si le toit est utilisé en toit-terrasse, sinon la surface devient très glissante lorsqu'elle est mouillée. Il est possible de réaliser tout un toit durant une seule journée, mais pour la réalisation de la couche de finition, il faut éviter les journées très chaudes et ensoleillées car la surface de fibre de verre devient plus molle. Il faut parfois attendre plusieurs jours avant la pose de la finition sur le toit.

 Est-ce un bon choix?

 Le coût d'un toit plat résidentiel en fibre de verre revient à environ 12,50$ par pied carré (avant taxes et incluant les surfaces verticales à couvrir). Un toit de fibre de verre ne sera pas nécessairement plus durable qu'une membrane de PVC, TPO, EPDM ou de bitume élastomère, qui coûtent environ 25% moins cher. Cependant, avec les autres membranes, il est nécessaire d'ajouter le coût d'une terrasse en bois, ce qui reviendra souvent plus cher dans l'ensemble. La fibre de verre sera aussi très facile à réparer en cas d'accident et très peu coûteuse à refaire dans 30 ou 40 ans, car la base ne sera pas à refaire. En ce sens, c'est un produit potentiellement très durable mais qui a encore à faire ses preuves dans différentes conditions.

 

Photo Patrick Goulet, collaboration spéciale

La pose de la fibre de verre se fait en plusieurs étapes.