Les vacances sont commencées. Pourtant, elles font à peine taire la demande de services pour la rénovation, la réparation et l'amélioration des propriétés résidentielles. Les entreprises suffisent à la tâche, mais il faut souvent patienter.

Gilles Angers
Gilles Angers LE SOLEIL

Les vacances sont commencées. Pourtant, elles font à peine taire la demande de services pour la rénovation, la réparation et l'amélioration des propriétés résidentielles. Les entreprises suffisent à la tâche, mais il faut souvent patienter.

 Chez le ferblantier couvreur Benoît Tremblay, de L'Ange- Gardien, le temps d'attente pour retaper une toiture est d'un mois. «Normalement, il est de deux semaines», précise son pdg, Steve Caron.

 Il note cependant que les gros vents et les orages du printemps ont exacerbé la demande. Sans compter les toitures de maisons presque neuves qui sont déjà rendues à bout d'âge parce que, dénonce-t-il, elles ont été faites trop vite ou sans égard aux règles de l'art.

 «Le parc immobilier vieillit, il faut le remettre en état. Les toitures, fenêtres, revêtements extérieurs, la réisolation et les agrandissements sont des produits et services pour lesquels on se presse le plus», dit, de son côté, Guy Simard, conseiller technique à l'Association provinciale des constructeurs d'habitations (APCHQ) de Québec.

 «Tandis que le marché de la revente, toujours en effervescence, est un formidable accélérateur de la demande de rénovations», croit Hélène Dauphinais, économiste et analyste de marché à la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL).

 D'un autre côté, soutient-elle, nos maisons ne sont plus statiques. Les gens les adaptent suivant leur âge, les besoins et la taille de leur ménage, leur quête de confort et de plaisir.

 «Les propriétaires sont toutefois mieux disposés à patienter un peu parce qu'ils n'ont pas à déménager chez eux, par opposition aux acheteurs d'une maison neuve», reprend Guy Simard.

 «Il est vrai, en fait, que la demande de fenêtres est intense, mais pas plus que l'an passé», déclare Alain Rousseau, à la fois président de Vitro-Clair de Québec et de Réno-Maîtres (APCHQ), groupe d'entreprises de rénovation réputées consciencieuses.

 Les manufacturiers, en nombre plus grand depuis ces dernières années, sont très occupés. Leur force de production leur permet de livrer dans un délai de 15 à 20 jours ouvrables. Ce, même si le nombre de fenêtres à produire est important, les couleurs dépareillées et leur composition sophistiquée.

 Présentement, continue M. Rousseau, les fabricants pourvoient au remplacement de celles de la période fébrile de construction de 1985 à 1988. En effet, durant ces années fastes de la construction résidentielle, 222 620 logements ont été mis en chantier dans tout le Québec. Leurs fenêtres ont généralement fait leur temps.

 Bien entendu, la demande est d'autant plus pressante qu'elle est saisonnière. «Personne ne va accepter qu'on mette leurs fenêtres à neuf durant l'hiver», estime-t-il.

 Les concepteurs, fabricants et installateurs d'armoires de cuisine et d'escaliers, selon lui, ont aussi beaucoup à faire. Mais il constate qu'ils s'y emploient sur 12 mois. Ce qui dissipe la pression.

 Urgence d'agir

 Avec la vétusté des maisons et l'urgence de contrer l'ocre ferreuse, eu égard spécialement aux bâtiments résidentiels neufs, les «rénovateurs de drains» sont également très sollicités.

 «Encore qu'ils prennent une légère pause durant les vacances parce que les gens ne veulent pas voir de remue-ménage autour de leur maison durant l'été. Ils préfèrent remettre ça à l'automne», raconte Michel Lamontagne, pdg de Drainage de la Capitale, de Saint-Nicolas.

 Un facteur exogène nouveau s'ajoute à la demande de services. «Le marché de la revente», dit M. Lamontagne.

 Plusieurs vendeurs, de peur de poursuites ou de complications au moment de la vente, exigent un «test de drain». Le cas échéant, s'il n'est pas trop abîmé, ils le font débloquer et nettoyer. Puis font installer deux regards pour son entretien périodique. Ensuite, ils peuvent transiger à l'aise.

 Rénover comme jamais

 Au Québec, on rénove. Et en grand. Cette année, les ménages devraient dépenser près de 11,3 milliards $ à cette fin par opposition à 7,5 milliards $ pour la construction neuve. Pour un écart appréhendé de 3,8 milliards $. Du jamais vu.

 «Les retombées pour les entreprises de rénovation seront d'un peu plus de 5 milliards $», croit le président du groupement Réno-Maîtres (APCHQ), Alain Rousseau.

 Car, selon l'Association des détaillants de matériaux de construction du Québec (ADMCQ), 54 % des gens sont réputés faire eux-mêmes leurs rénos. «En fait, les gros travaux sont la part des entrepreneurs», en déduit M. Rousseau.

 En 2004, par ailleurs, chaque ménage québécois dépensait en moyenne 3300 $ annuellement en rénovation. Dans la région métropolitaine de Québec, 4750 $ ; à Montréal, 3650 $.

 Par contre, ce sont les Québécois de 55 à 64 ans qui sont réputés dépenser le plus à cette fin, soit 10 175 $ par ménage.

 En 2001, enfin, Statistique Canada recensait près de trois millions de logements au Québec. Hormis les améliorations locatives, 7,8 % ont besoin de réparations majeures, 6,2 %, de réparations mineures. Il y en a donc, au bas mot, un milllion à réparer.