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L'asphalte tient bien la route

L'entrée asphaltée dernier cri. Sur la gauche, le... (Photo Martin Martel, Le Soleil)

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L'entrée asphaltée dernier cri. Sur la gauche, le puits sec couvert de pierre qui reçoit les eaux de pluie en provenance du pavage.

Photo Martin Martel, Le Soleil

Gilles Angers
Le Soleil

Parce que commode, économique, propre et esthétique, l'asphalte n'est pas démodé. Il prend moins de place, cependant. En effet, c'est au jardin puis au pavé de béton - en ceinture, bordure ou insertions - qu'il cède du terrain. Dans la quête de beauté, il y a réciprocité entre les deux matériaux. L'un souligne l'autre.

 «Bien qu'il n'ait évolué que dans la grosseur du gravier qui entre dans sa composition, l'asphalte est toujours à la page. Il est jusqu'à cinq fois moins coûteux que le pavé de béton et vieillit bien», déclare Pierre Bédard, copropriétaire et administrateur de la société d'asphaltage Bédard & frères GPM de Sainte-Foy.

 Pour vous en persuader, plaide-t-il, voyez les parcs de stationnement des centres commerciaux et des immeubles à logements ponctués, ici et là, d'arbres et de verdure. Malgré son grisonnement, quelques lézardes (au reste réparables), taches d'huile à moteur et d'essence, l'asphalte ne donne pas lieu à une faute de goût. Au contraire.

 Mais, à présent, dans les entrées résidentielles, le pavé de béton, continue M. Bédard, s'accorde à l'asphalte dans près de 50 % des cas. Cela, pour en élever l'attrait.

 «L'asphalte, qui, tout compte fait, devient racé en vieillissant, est très pratique», insiste, de son côté, le pdg des Artisans du paysage de Sainte-Foy, Jack Lavoie.

 «Il est un vecteur d'embellissement et de réduction de coût dans l'aménagement d'une entrée. Il est donc plus facile de rester dans son budget. De plus, il se déneige sans trop de risques d'égratignures», soutient-il. Une entrée de quelques mille pieds carrés tout en pavé ou en béton en agrégat exposé coûterait les yeux de la tête. Dans un pareil cas, l'asphalte réduit l'addition.

 Et quand le pavé de béton, définissant l'asphalte, emprunte un trajet ondulant, l'opposition de l'un et de l'autre donne une dynamique visuelle plus séduisante encore.

 Esthétisme

 Par ailleurs, un puits sec, couvert de pierre et au contour arrondi, peut être aménagé le long de la voie pour recevoir les eaux de ruissellement qui courent sur le pavage.

 De la sorte, l'installation mécanique devient esthétique. Sans compter qu'elle peut servir d'espace de recul pour les automobiles.

 En revanche, si l'espace le permet, on aménagera des enclaves ou en asphalte ou en pavé de béton pour stationner expressément des véhicules supplémentaires. Ceux de visiteurs, par exemple. Afin que la voie reste libre jusqu'à la porte principale pour le débarquement, avec un certain décorum, des personnes. Comme dans des hôtels de choix. Tout est possible.

 Si l'entrée est profonde, on peut éventuellement aménager une petite presqu'île de verdure comme coupe-vue, de la voie publique à la maison. «Un bouquet d'arbustes peut donc créer un halo de mystère», dit Jack Lavoie, lui-même architecte de paysage et ancien président de l'Association des paysagistes professionnels du Québec (APPQ).

 Mise en valeur

 Comme le gazon délimite la plate-bande, la terrasse, la pergola ou le potager, l'asphalte, souligné par le pavé, définit le jardin tout en «présentant» la maison. Il la met en valeur, et réciproquement.

 «On en est là», reprend le pdg des Artisans du paysage. Après la guerre, la voiture a proliféré. Aussi bien que les bungalows. La pierre concassée couvrait les entrées. C'était plus efficace et plus propre que les ornières en terre battue.

 Puis, avec l'exploitation accrue du pétrole, le bitume s'est émancipé. Il était plus facile d'entretien et donnait un plus agréable coup d'oeil. Tous les propriétaires immobiliers en rêvaient.

 «Il fut un temps où l'asphalte, sur 12 pi de large et 60 pi de profondeur (720 pi ca), partait de la rue jusqu'au milieu de la cour», détaille Pierre Bédard. Il s'agissait d'entrées au long cours.

 Maintenant, on en est souvent à 18 pi de profondeur sur 30 (540 pi ca) de large pour faire place à deux voitures, l'une latéralement à l'autre. Ce qu'on a perdu en asphalte, on l'a gagné en espace vert et en pavé. Bien que les terrains soient plus petits et commandent, désormais, une économie de pavage.

 L'ABC du pavage

 Paver simplement d'asphalte une entrée d'automobile d'une propriété résidentielle coûte d'ordinaire 2 $ par pied carré. S'il faut, en plus, préparer les assises, il faut compter au moins le double.

 «Tout dépend de la nature du sol et ses conditions», précise le pdg des Artisans du paysage, Jack Lavoie. Par contre, s'il faut poser l'asphalte entre deux bandes de pavé de béton, il faut compter un peu plus. «Car il faudra balayer sans cesse les éclats ou débordements d'asphalte sur le pavé pour qu'ils ne s'impriment pas dans celui-ci», continue M. Lavoie.

 Puis, il rappelle que le pavé de béton est retenu d'un côté et de l'autre par un renfort. Celui de l'intérieur, cependant, est enlevé après la mise en place de l'asphalte qui s'y substituera.

 Si vous voulez, par ailleurs, couvrir sans façon votre vieil asphalte d'une couche toute neuve, on essaiera de vous en dissuader. Car les défauts de la partie couverte se reproduiront tôt ou tard sur la nouvelle. Vaut mieux repartir à neuf.

 Pour cela, il suffit de défaire le pavage existant. «Si les fondations sont jugées satisfaisantes, le prix au pied carré ne devrait pas dépasser 3 $», d'après Pierre Bédard, de la société d'asphaltage Bédard & frères de Sainte-Foy.

 Par contre, dit-il, gardez-vous de croire que l'enduit noir pour asphalte - généralement d'acrylique - - que vous appliqueriez à l'occasion fera durer votre pavage plus longtemps. «L'enduit aura tout simplement pour objet de lui refaire une beauté et le protégera contre les épanchements d'huile à moteur et d'essence», dévoile M. Bédard.

 Trouver le bon poseur d'asphalte

 Comment trouver un entrepreneur en asphaltage honnête et consciencieux ? demande Le Soleil à l'architecte paysagiste et président des Artisans du paysage, Jack Lavoie. Sur recommandation d'un ami, d'un parent ou d'un voisin satisfait d'abord, répond-il. Prenez égard aussi à ses années d'expérience. Demandez-lui éventuellement le nom de clients qu'il a déjà servis. Enfin, soyez sûr de son aptitude à respecter ses garanties. Encore qu'il doive, dit un autre, détenir la licence appropriée de la Régie du bâtiment, des équipements sûrs, les couvertures d'assurance nécessaires et suffisantes. De plus, il doit être en règle avec la CSST.

 




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