Un parfait inconnu sonne à la porte et vous offre de refaire l'asphalte de votre entrée. Ne sortez pas votre carnet de chèques. Assurez-vous que vous avez affaire à un spécialiste et non à un beau parleur.

LA PRESSE

Un parfait inconnu sonne à la porte et vous offre de refaire l'asphalte de votre entrée. Ne sortez pas votre carnet de chèques. Assurez-vous que vous avez affaire à un spécialiste et non à un beau parleur.

 Le hic: dans ce domaine, les entrepreneurs ne sont soumis à aucun règlement. Aucune norme minimale ne guide leur action. La porte est donc grande ouverte aux abus. Malheureusement, ce ne sont pas les travaux mal faits qui manquent. Sans compter les acomptes non remboursés, les garanties non respectées et les retards injustifiés.

L'asphaltage ne devrait pas se dégrader avant une dizaine d'années. Mais dans plusieurs cas, il commence à se fissurer ou à se crevasser dès l'été suivant son installation.

Dans certains cas, l'excavation ou le compactage de la pierre de fondation est insuffisant. Dans d'autres, c'est le type de pierre utilisé ou la quantité de roches épandues qui pose problème. Il y a aussi les entrepreneurs qui rognent sur la quantité. L'asphalte doit avoir une épaisseur d'au moins 5 cm (2 po), une fois compacté. Avant le compactage, il mesure donc de 5 à 8 mm (1/4 po) de plus.

Les propriétaires ont tout intérêt à s'informer et à être présents lors de la pose de l'asphalte. Et ils ne doivent surtout pas signer un contrat à la légère.

«Il faudrait faire faire trois estimations écrites, en précisant le coût, les matériaux utilisés, la dimension des roches, la profondeur de l'excavation et l'épaisseur de l'asphalte une fois compacté, recommande Georges-André Levac, porte-parole de l'Office de la protection du consommateur. C'est la seule façon de comparer ce qui est comparable.»

Certains entrepreneurs prennent des contrats pour toute la saison et ne donnent pas de date d'exécution, déplore-t-il. Pour ne pas attendre inutilement, il conseille de préciser la date à laquelle les travaux doivent être terminés, faute de quoi le contrat deviendra caduque.

Dans le cas d'un vendeur itinérant, celui-ci doit détenir un permis de l'Office de la protection du consommateur. Il n'a pas le droit de demander un acompte sans avoir terminé le travail, rappelle M. Levac. «La loi ne fait pas de distinction entre la vente itinérante d'aspirateurs ou d'asphalte.»

Il ne voit par ailleurs aucun avantage à verser un acompte à un entrepreneur qui a pignon sur rue. «Cela ne garantit aucunement une exécution rapide des travaux.»

Pour aider les consommateurs à en avoir pour leur argent, Daniel Leblanc, conseiller en habitation et propriétaire de la firme Info habitat, a publié un document de huit pages intitulé Le Pavage résidentiel, exemples de devis et de clauses contractuelles. Il y explique la nature des travaux à exécuter et donne des trucs et des conseils pour que les consommateurs aient le produit qu'ils veulent, à la date désirée.

«L'information, c'est le nerf de la guerre, dit-il. Quand on sait ce qui devrait être fait, c'est plus facile de comprendre les soumissions et de savoir si les promesses des contracteurs correspondent aux pratiques reconnues dans le milieu.»

Les entrepreneurs qui posent de l'asphalte n'ont pas besoin de détenir un permis de la Régie pour paver une entrée attenante à un bâtiment résidentiel de moins de quatre étages. La vigilance est donc de mise, comme lors de toute rénovation.

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Pour en savoir plus:

Régie du bâtiment: www.rbq.gouv.qc.ca