Dénicher un entrepreneur général de confiance pour réaliser des travaux de rénovation n’est pas toujours de tout repos. Parlez-en à Philippe Lussier, qui a commencé ses démarches en février 2020, juste avant la pandémie.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

Il en a contacté cinq, n’a été rappelé que par deux, et malgré de nombreux suivis, n’avait toujours pas obtenu de soumission en août. Il avait les plans en main pour transformer un duplex dans le Plateau en une maison bigénérationnelle, mais personne pour les réaliser ni aucun permis, puisque l’un ne va pas sans l’autre.

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Toutes les deux ou trois semaines, Yahya Diallo (à gauche), cofondateur de Billdr, se rend sur place pour faire le point avec le propriétaire Philippe Lussier et l’entrepreneur Erico Sciortino.

« Je me retrouvais le bec à l’eau, explique-t-il. J’en ai parlé à un voisin, qui a été le mentor d’un des fondateurs du service Billdr, Bertrand Nembot, à Polytechnique. Dans la semaine, Yahya [l’ingénieur Yahya Diallo] s’est occupé de mon dossier et m’a recommandé deux entrepreneurs qui ont fait des soumissions. En deux semaines, j’avais trouvé quelqu’un. Cela a vraiment cliqué. Yahya est demeuré très impliqué. Il est très humain et de bon conseil. Le projet est tellement gros, c’est le fun d’être suivi. Négocier avec un entrepreneur, ce n’est pas toujours simple. Il y a eu des imprévus. Je me suis tourné vers lui pour lui demander si tel type de travaux recommandé était vraiment nécessaire, ou juste pour ventiler. »

Sa conjointe, Julie Granger, leurs enfants, Alice et Léopold, et lui habitent sur place, du mieux qu’ils le peuvent. « C’est exigeant de travailler à la maison et d’être là pendant les travaux, reconnaît-il. Les ouvriers arrivent à 7 h tous les matins quand on fait notre café. On n’a plus d’intimité. Mais c’est comme si on l’acceptait plus qu’en d’autres temps. On ne voit personne d’autre. Cela a resserré les liens. »

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Philippe Lussier apprécie le soutien technique et l’écoute qui lui sont prodigués pendant les travaux, d’une grande envergure.

Au début, il doutait de l’utilité d’avoir recours à un service comme Billdr, se méfiant de la facture supplémentaire. Mais le prix lui semble juste, surtout dans son cas. « Cela manque souvent, cette personne neutre entre l’entrepreneur et le client, constate-t-il. Je ne connais pas le prix des matériaux et le coût qu’entraîne toute décision en cours de route. On dépasse notre budget, qui devait être entre 250 000 $ et 300 000 $. J’aime les comptes rendus que fait Yahya, toutes les deux ou trois semaines, sur ce qui a été terminé, ce qui reste à faire et s’il y a des imprévus. Cela aide à suivre, même si je suis sur place et que je parle beaucoup avec l’entrepreneur, Erico Sciortino. »

Ingénieur civil, Yahya Diallo est l’un des quatre cofondateurs de la plateforme Billdr, lancée en février 2020. Il a étudié à Polytechnique Montréal, où il a rencontré Bertrand Nembot, ingénieur mécanique. Ce dernier a toujours eu une fibre entrepreneuriale. Sa première tentative dans le domaine immobilier, en 2011, lui a laissé de douloureux souvenirs et a entraîné d’importantes pertes financières. Au cœur de sa mésaventure se trouvait la difficulté d’être guidé pour trouver un entrepreneur de confiance et d’être accompagné dans la coordination du chantier, du début à la fin.

« C’est ce qui nous a amenés à créer un service, qui donne vraiment une expérience clés en main, qui permet d’y voir plus clair dans la portée des travaux et d’avoir une plus grande transparence dans les prix », indique M. Nembot.

Une idée claire

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Les travaux sont majeurs aussi à l’extérieur, puisque le duplex est agrandi afin de devenir une maison bigénérationnelle. Le soutien fourni par l’équipe de Billdr est apprécié.

En ce moment, 25 entrepreneurs généraux dans la grande région de Montréal, dont plus de la moitié sont certifiés par l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), ont été présélectionnés. Leurs références ont été vérifiées et ils ont tous (évidemment) une licence de la Régie du bâtiment (RBQ) valide et une assurance responsabilité civile de 2 millions de dollars. La particularité ? Un membre de l’équipe se déplace pour prendre les mesures, clarifier le projet, analyser les besoins et établir une estimation détaillée des coûts. Le propriétaire a alors une idée claire de ce qui l’attend. Le coût pour ce travail préliminaire, 249 $, est remboursé si le client va de l’avant avec son projet.

« Les entrepreneurs intéressés font une soumission en se basant sur l’estimation détaillée, dont les coûts ont été effacés, précise M. Nembot. Il n’y a pas de perte de temps. Quand un propriétaire rencontre deux ou trois entrepreneurs, il n’a pas à tout répéter. Il peut se concentrer sur le contact personnel qu’il établit avec chacun et voir si cela clique. »

Erico Sciortino, à la tête de l’entreprise Rénovations Générales ECS et dans le métier depuis 30 ans, n’a jamais vu une approche aussi personnalisée.

Les membres de l’équipe se déplacent et font de la gestion de projet. Ils ne font pas juste le travail de base pour la soumission. Ils essaient de comprendre ce que les clients veulent et vont chercher des petits détails qui nous manquent. Ils prennent le temps de s’asseoir pour expliquer les avantages et les désavantages de différents produits.

Erico Sciortino

Les propriétaires, dont la valeur moyenne des projets est d’environ 50 000 $, déboursent une somme fixe de 2400 $ (taxes en sus). Les entrepreneurs généraux remettent, de leur côté, 6,5 % de la valeur des projets à Billdr, qui s’occupe notamment de recueillir les paiements et simplifie la gestion administrative.

« Cela vaut la peine à cause des services offerts, estime M. Sciortino. Ils sont comme mes assistants, qui contactent la Ville pour des permis ou des architectes pour vérifier des détails sur un plan. Cela me permet de me concentrer sur autre chose. »

Autres soutiens à la rénovation

CUISINE

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Avant : voici de quoi la cuisine avait l’air avant les travaux.

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Après : la cuisine rénovée grâce à l’aide de RénoAssistance.

D’autres plateformes mettent des propriétaires en lien avec des entrepreneurs généraux, dont les qualifications ont été scrutées à la loupe. La plus connue est RénoAssistance, dont le Mouvement Desjardins est devenu actionnaire majoritaire en janvier 2020. Ce service est le seul jusqu’à présent à être autorisé à arborer le sceau « Protégez-vous recommande », à la suite d’enquêtes réalisées en 2017 et en 2019.

« On accompagne les clients du début à la fin de leur projet », explique le fondateur et chef de l’exploitation de l’entreprise, Éric Périgny, qui a lui-même été victime d’un entrepreneur général sans scrupule qui lui a volé un dépôt de plus de 50 000 $. Il s’est alors juré de trouver une solution. « On recommande des entrepreneurs triés sur le volet qui sont mis en compétition, précise-t-il. On garantit la prestation de l’entrepreneur, sans frais supplémentaires. »

SALLE DE BAIN

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Avant : une salle de bains avant de faire des travaux.

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Après : la salle de bains après les travaux avec l’aide de RénoAssistance.

Le réseau de RénoAssistance compte un millier d’entrepreneurs généraux. Les projets ont en moyenne une valeur de 17 000 $, mais certains propriétaires ont recours au service pour des travaux coûtant aussi peu que 3000 $. Rien n’est facturé aux particuliers. Le pourcentage de la contribution des entrepreneurs varie en fonction de la valeur du projet.

Éric Périgny retient une chose, après plus de 86 000 projets traités : il n’y a pas de miracle pour économiser. « Les entrepreneurs ont des marges relativement minces, souligne-t-il. Ils paient sensiblement le même prix pour leurs matériaux et leur main-d’œuvre. Un entrepreneur ne peut donc pas être moitié moins cher que les autres. Si c’est le cas, il y a lieu de poser des questions. Il y a assurément une différence majeure en ce qui concerne la qualité des matériaux choisis, la qualité de la main-d’œuvre, des exclusions, ou encore, l’entrepreneur vous attendra au milieu du projet avec une série de factures surprises. Il vaut mieux choisir un bon entrepreneur à prix juste et éviter les mauvaises surprises. »

SOUS-SOL

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Avant : une vue du sous-sol qui avait bien besoin d’une cure.

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Après : le sous-sol rénové avec l’aide de RénoAssistance.

En novembre dernier, l’APCHQ a conclu un partenariat avec RénoAssistance pour proposer différentes options aux consommateurs. « On offrait avant seulement un répertoire de nos membres, en précisant ceux qui sont certifiés APCHQ, explique Hugo Pepin-Laporte, directeur au développement des affaires de l’organisme. Pour ceux qui ont besoin d’un plus grand accompagnement ou qui ont moins d’expérience, on donne maintenant un accès direct au site de RénoAssistance. On veut que les consommateurs choisissent la bonne personne. On facilite leurs recherches. »

> Consultez le site de Billdr

> Consultez le site de RénoAssistance

> Consultez le site trouverunentrepreneur.com