On connaît les recettes québécoises traditionnelles, mais on n’a pas souvent exploré nos racines architecturales, constate le chroniqueur Marc-André Carignan, architecte de formation. Il a voulu remédier à la situation en participant à la recherche et en animant les six émissions de la série Nos maisons, produite par Savoir média et accessible dès maintenant en ligne.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

On le suit à la découverte de six types d’habitation : la maison québécoise, la « shoebox », la maison de vétéran, la maison de la bourgeoisie victorienne, le bungalow et le loft. Des historiens, des sociologues et des architectes mettent les maisons dans leur contexte. De façon très concrète, ils permettent d’en découvrir les dessous, tout en mettant en lumière les conditions de vie qui prévalaient à chaque époque.

PHOTO ADRIEN WILLIAMS FOURNIE PAR SAVOIR MÉDIA

Cette maison de type « shoebox », dans la Petite-Italie, a été agrandie sans être dénaturée. Les propriétaires ont fait appel à l’architecte Paul Bernier. L’étage a été ajouté en recul par rapport à la maison d’origine, permettant de distinguer nettement l’ancien et le nouveau.

« Il y a un lien étroit entre le mode de vie et l’architecture, indique Marc-André Carignan. On voit par exemple apparaître des salles de bains au moment où l’hygiène devient plus importante. Les grandes pièces multifonctionnelles des maisons québécoises font place, au XIXsiècle, dans les maisons de la bourgeoisie victorienne, à des pièces plus spécialisées, comme une bibliothèque, une cuisine, un salon, la chambre de madame et la chambre de monsieur. L’apparition du sous-sol, dans le bungalow, a permis d’avoir un espace supplémentaire pour un bar, une salle de jeu, une chambre ou du rangement. On peut alors faire un lien avec le phénomène de la consommation de masse. »

L’idée, dans chaque émission, est de faire un pont entre des explications à saveur historique et sociale, et des demeures qui existent encore. Dans chaque cas, des propriétaires ouvrent les portes de leur intérieur, qui a évidemment été modernisé, mais a conservé son essence à travers le temps. Certains y habitent depuis longtemps et se souviennent, par exemple, quand ils dormaient quatre frères dans la même chambre, ou quand ils allaient acheter de la glace, dans les années 50, pour conserver la nourriture au froid. Ces témoignages, mêlés aux explications des experts, contribuent à rendre chaque thème très concret et fort intéressant. Puis, à la fin, l’équipe présente une maison typique, qui a été transformée et mise en valeur pour répondre à des besoins contemporains, tout en demeurant en harmonie avec son environnement.

« Je voulais absolument faire un parallèle avec des architectes d’aujourd’hui, précise M. Carignan. J’ai trouvé de bons projets qui démontrent comment on peut bien préserver les traces du passé sans dénaturer la maison originale. Il faut trouver un bon équilibre. »

Lui-même en a beaucoup appris. Ce qui l’a le plus surpris ? La vitesse à laquelle les maisons de vétérans ont été construites pour répondre à un problème de logement.

Quand on sait à quel point c’est long aujourd’hui avant qu’un projet soit approuvé, c’est fascinant de voir l’efficacité de la chaîne de production pour bâtir des maisons en 36 heures. Il y a eu une grande réflexion collective menée par la Société canadienne d’hypothèques et de logement [SCHL] pour construire rapidement des maisons, mais aussi des quartiers au complet, avec un souci architectural et urbanistique.

Marc-André Carignan

La série Nos maisons est déjà en ligne. Les émissions sont par ailleurs diffusées chaque semaine sur les ondes de Savoir média, jusqu’au 10 avril. Les heures de diffusion sont le lundi à 21 h, avec rediffusion le jeudi à 20 h, le vendredi à 7 h et à 13 h, le samedi à 16 h, ainsi que le dimanche à 8 h et à 22 h.

> Consultez le site de Nos maisons : https://savoir.media/

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