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Une maison centenaire rescapée

La maison de Louise Brossoit et Robert Girard... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

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La maison de Louise Brossoit et Robert Girard ne ressemble pas aux autres de l'avenue Laval, l'une des plus belles rues de Montréal.

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Une maison en rangée abandonnée, construite en 1887 dans l'une des plus belles rues du Plateau, a capté l'attention de Robert Girard il y a quatre ans. Les marches chambranlantes, la fenêtre placardée au rez-de-chaussée et la peinture écaillée ne l'ont pas rebuté.

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Robert Girard a eu du plaisir à redonner à la maison centenaire sa beauté d'antan.

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Sa seule préoccupation ? Que la demeure n'ait pas de problème de structure. Il l'a prise sous son aile, avec sa conjointe Louise Brossoit, et lui a redonné vie. Leurs efforts pour restaurer la façade ont été récompensés : ils ont récemment remporté un des Grands Prix de l'Opération patrimoine de Montréal. Visite de leur domicile, remis à neuf de fond en comble en conservant certaines traces du passé.

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La lumière circule librement à l'intérieur de la maison, qui est très éclairée.

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La cuisine est des plus contemporaines avec son... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE) - image 2.1

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La cuisine est des plus contemporaines avec son volumineux îlot et ses électroménagers dernier cri.

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Coup de coeur

Robert Girard se cherchait un projet. Un peu plus haut, avenue Laval, la rénovation d'un triplex mal en point acheté pour y loger ses trois filles était terminée. Empruntant régulièrement la rue, il s'est intéressé à cet autre bâtiment, laissé à lui-même. La maison avait la même propriétaire depuis 1965, a-t-il appris. Cette dernière l'avait toutefois laissée se dégrader. Depuis 2002, elle résidait dans un logement dans la maison voisine, laissant sa propriété sans eau courante ni chauffage, à la merci des squatteurs.

« La Ville de Montréal avait démoli la partie arrière, qui menaçait de s'effondrer, explique M. Girard. Elle avait une hypothèque légale pour non-paiement des impôts fonciers. Le curateur public a pris en charge les biens et a mis la maison en vente à la fin de 2015 pour payer les dettes. C'est de lui que je l'ai achetée. »

Une mezzanine baignée de lumière et une terrasse... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE) - image 3.0

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Une mezzanine baignée de lumière et une terrasse ont été ajoutées sur le toit, éclairant la maison en entier.

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La lumière entre à flots à travers l'immense porte-fenêtre, qui borde la salle familiale.

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Beauté originale

Sa première visite s'est faite à la lueur de la lampe de son téléphone. « Je me suis assuré que les fondations étaient solides, révèle-t-il. La façade était correcte, elle ne s'enfonçait pas. Je pouvais m'arranger avec le reste. Il y avait quelque chose à faire ici. »

Ce qu'il a aimé ? « La maison ne ressemble pas aux autres dans la rue », fait-il remarquer, en attirant l'attention sur la fenêtre ovale au-dessus de la porte d'entrée double, mise en valeur par des blocs de pierre encastrés dans la pierre calcaire grise de Montréal. Au-dessus se trouvent deux fenêtres en coin, en saillie.

« Je la trouvais belle, originale. Nous n'avons pas eu de pépin. La structure était saine. »

Sa conjointe et lui faisaient d'une pierre deux coups : ils sauvaient une maison centenaire tout en se rapprochant de leurs filles.

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Les deux murs entourant la fenêtre de la salle à manger ont été débarrassés des lambris de bois qui les recouvraient, afin de mettre en valeur la pierre dissimulée dessous.

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À l'étage, la fenêtre en coin, en saillie,... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE) - image 4.1

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À l'étage, la fenêtre en coin, en saillie, a permis d'aménager un petit coin où il fait bon lire.

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Un énorme chantier

Au rez-de-chaussée, il ne restait plus que l'entrée, l'escalier de bois menant aux trois chambres à l'étage et le salon double. Sans chauffage et soumis à des infiltrations d'eau, le plancher était endommagé. « Il y avait plein de bouteilles de boisson laissées par des squatteurs, des trous partout, des traces de rats, révèle M. Girard. Nous avons loué un condo dans la rue. Je suis venu chaque jour pour suivre les travaux, qui ont duré un an, de l'été 2016 à l'été 2017. »

Il a fait confiance à l'agence _naturehumaine architecture design pour métamorphoser l'intérieur. Le salon donne dorénavant sur une cuisine des plus contemporaines avec son volumineux îlot et ses électroménagers dernier cri. La lumière entre à flots à travers l'immense porte-fenêtre, qui borde la salle familiale et circule librement à travers la demeure, grâce à diverses astuces. Elle descend en effet de la mezzanine ouverte sur une terrasse, ajoutée sur le toit. Puis elle ne rencontre aucune entrave dans le long couloir à l'étage, où deux cloisons de verre ont été installées pour délimiter certains espaces. Elle redescend enfin par l'escalier, qui a recouvré sa prestance d'antan.

Les calorifères d'origine ont été lavés et remis... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE) - image 5.0

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Les calorifères d'origine ont été lavés et remis en état par une entreprise de Saint-Jean-Port-Joli.

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La mansarde en ardoise, les garde-corps de balcon... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE) - image 5.1

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La mansarde en ardoise, les garde-corps de balcon et les portes ont été réparés et restaurés avec soin. Les fenêtres ont été remplacées par des modèles aux formes et caractéristiques identiques.

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Préserver le cachet

La maison victorienne avait conservé beaucoup de ses caractéristiques originales à l'intérieur. Robert Girard s'est employé à les mettre en valeur. Il s'est rendu dans la maison voisine, construite en même temps, pour s'inspirer et compléter certains détails manquants.

« J'ai voulu garder une trace de la beauté de l'ancienne maison. Je ne voulais pas en faire abstraction. »

Il a changé toutes les fenêtres. Conformément à la réglementation municipale, il les a remplacées par des modèles aux formes et caractéristiques identiques. De nouvelles persiennes ont été installées au bas de la fenêtre de la salle à manger, à l'avant de la maison. Les deux murs entourant cette fenêtre ont été débarrassés des lambris de bois qui les recouvraient, afin de mettre en valeur la pierre dissimulée dessous.

M. Girard est allé très loin, faisant refaire les rosaces aux plafonds de plusieurs pièces par un plâtrier ornemental. Les nombreuses moulures ont été nettoyées. Même les calorifères d'origine ont été lavés et remis en état par une entreprise de Saint-Jean-Port-Joli. Les lourdes portes ont été décapées et repeintes. Patiemment, il s'est chargé de nettoyer les poignées de métal avec une épingle à couche. Toujours, il a porté attention aux détails.

Pour la grande qualité des travaux de restauration réalisés en façade, Louise Brossoit et lui ont remporté un des Grands Prix de l'Opération patrimoine de Montréal 2018, décernés par la Ville en partenariat avec Héritage Montréal et le gouvernement du Québec.

« Cela a été un plaisir », souligne M. Girard, qui a récupéré certaines portes et une baignoire sur pattes pour son prochain projet : son chalet !




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